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Une police féminine créée pour mieux lutter contre les viols


Inde

Une police féminine créée pour mieux lutter contre les viols

C’est une mesure plus que nécessaire, symboliquement forte dans un pays où chaque année sont perpétrés au moins 40 000 viols, mais qui mériterait plus de moyens : une brigade de police entièrement féminine a été créée en Inde, spécialement pour protéger les femmes perpétuellement harcelées sexuellement, de l’agression verbale jusqu’au viol en réunion.

Elles sont une cinquantaine pour le moment, montées sur des scooters, armées de bâtons et munies de caméras pour prouver les flagrants délits. Ces policières indiennes de choc agissent dans la grande ville de Jaipur, la capitale de l’Etat du Rajasthan, dans le nord-ouest du pays. Elles n’ont pas froid aux yeux, elles conduisent vite et ont suivi des formations d’autodéfense et de karaté. Il faut dire qu’en tant que femmes, elles risquent d‘être les premières à être menacées sur les lieux de leurs interventions.


Seulement 7% de femmes dans la police

“Le message que nous voulons envoyer est que nous n’avons aucune tolérance envers les crimes contre les femmes”, a expliqué Kamal Shekhawat, la responsable de la brigade, à l’Agence France-Presse. L’avantage, c’est aussi que les victimes osent plus facilement parler à des policières, elles se sentent mieux écoutées et comprises. Mais les amener à porter plainte est beaucoup plus difficile dans une société indienne extrêmement machiste, où les représailles sont courantes.

La police elle-même en donne un aperçu, elle ne compte dans ses rangs que 7% de femmes. Les autorités promettent de parvenir à un tiers d’effectifs féminins, mais quand ? On est loin du compte…


Il a fallu le terrifiant viol en réunion d’une étudiante dans un autobus de New Delhi en décembre 2012 – l’affaire avait suscité de la compassion et de l’indignation dans le monde entier – pour que le gouvernement indien renforce enfin ses lois contre le viol.

Néanmoins, énormément de cas ne sont pas encore signalés, dénoncés, et les auteurs continuent de sévir sans se sentir nullement menacés. Rien que dans la capitale, de récentes statistiques donnaient une moyenne de six viols par jour.