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10% de l'Irak, c'est tout ce qui reste au groupe Etat islamique

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10% de l'Irak, c'est tout ce qui reste au groupe Etat islamique

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Environ 10% du territoire, une seule dernière ville, Hawija, et peut-être encore son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, voilà tout ce qui reste au groupe Etat islamique en Irak au bout de trois ans. En 2014, l’armée des islamistes fanatiques avait conquis sans grosse perte près d’un tiers du pays, les soldats et policiers irakiens n’avaient pas demandé leur reste en abandonnant souvent leurs positions.

La prise de Tal Afar, en seulement douze jours de combats, redonne du baume au coeur aux forces irakiennes et forcément au commandant en chef, le Premier ministre, Haider al-Abadi. “Tal Afar, la résistante, a rejoint Mossoul, la ville libre”, a-t-il commenté avec enthousiasme. Tal Afar est une ville stratégique, située entre Mossoul et la frontière avec la Syrie.


Un dernier fief, pas si facile à reprendre

La province septentrionale de Ninive est ainsi entièrement reconquise, ce qui va permettre à l’armée irakienne, épaulée par la coalition internationale guidée par les Etats-Unis, de mettre encore plus de pression sur les jihadistes d’Etat islamique qui se battent dans le pays voisin, la Syrie. La chute de Mossoul, après neuf mois d’une terrible guérilla urbaine, avait déjà permis à la coalition de rapprocher ses avions pour mieux pilonner Raqa.


Le tout dernier bastion islamiste en Irak, Hawija, se trouve à près de 300 kilomètres au nord de la capitale, Bagdad. D’autres poches résistent dans l’ouest, pas plus de trois, al-Qaïm, Rawa et Anna. Mais elles seront difficiles à faire tomber car elles se trouvent à terrain découvert, en plein désert.

De plus, l’offensive est retardée car un référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien est prévu le 25 septembre. Les combattants kurdes, qui ont participé activement à la reconquête de Mossoul, seront très utiles comme alliés des troupes irakiennes.

Il court, il court... l'émir (sans doute)

Le groupe Etat islamique a en plus perdu sa tête… ou presque ! Son émir, Abou Bakr al-Baghdadi, est porté disparu, si l’on peut dire. Selon la version russe du 22 juin dernier, il y a “une forte probabilité” qu’il soit mort. Selon la version américaine de ce 1er septembre, il est sans doute encore en vie, quelque part dans la vallée de l’Euphrate.


“Quand nous le trouverons, je pense que nous allons d’abord essayer de le tuer. Ce n’est probablement pas la peine d’essayer de le capturer”, a déclaré avec franchise le général Stephen Townsend, qui commande la coalition contre Etat islamique à la fois en Irak et en Syrie.