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Kurdistan irakien : la tension monte avec Ankara

La Turquie d'Erdogan redoute que le référendum d'indépendance fasse tâche d'huile

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Kurdistan irakien : la tension monte avec Ankara

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Un “oui” massif à l’indépendance est attendu au lendemain du référendum organisé au Kurdistan irakien. Les habitants ont voté dans cette région autonome mais aussi dans des zones disputées entre les Kurdes et le gouvernement central de Bagdad.

Si les autorités irakiennes ont vivement dénoncé le scrutin, c’est aussi le cas de la Turquie. Le président Erdogan menace de fermer prochainement la frontière terrestre avec le Kurdistan irakien, ou encore de couper les vannes d’un oléoduc qui permet à la région d’exporter son pétrole.

Dans les rues d’Ankara, beaucoup sont en phase avec le discours officiel. “Je pense que ça n’aurait pas du avoir lieu, les Turcs et l’Etat turc y sont opposés. C’est un mauvais signal pour la paix mondiale”, estime cette habitante d’Ankara.

Tous les pays comptant des minorités kurdes craignent que le scrutin ne fasse tâche d’huile et attise les aspirations séparatistes. En Turquie, le débat est d’autant plus vif, q’un conflit armé est toujours en cours avec les séparatistes du PKK.

Mais à Diyarbakir, la grande ville du sud-est turc, les Kurdes majoritaires se réjouissent. “En tant que Kurde vivant dans une autre partie du Kurdistan, ce référendum m’a rendu heureux. Maintenant où que l’on aille dans le monde, on sait que l’on a un Etat. Nous voulons que le gouvernement kurde en Irak déclare très bientôt son indépendance”, dit cet habitant.

Même si le oui l’emporte, les Kurdes irakiens n’enviasgent pas une déclaration d’indépendance immédiate, il s’agit selon eux d’initier des “discussions sérieuses” avec Bagdad.