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Le soutien des Catalans français à leurs frères espagnols

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Par Vincent Coste
Le soutien des Catalans français à leurs frères espagnols

<p>Le 20 septembre dernier, pratiquement 10 millions de bulletins de votes ont été saisis par la <em>Guardia Civil</em> dans un entrepôt de Bigues, une localité à 45 km au nord de Barcelone. Il s’agissait là de l’une des nombreuses actions de Madrid pour empêcher, du moins entraver, la tenue du référendum d’autodétermination du 1er octobre dernier. Rapidement, un réseau s’est organisé pour réimprimer des bulletins. Une de “ces filières” est passée par la France, dans le département des Pyrénées-Orientales, la <strong>Catalogne nord</strong>.</p> <p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/5khuz85Upy0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p> <p>Les bulletins fraîchement imprimés ont ensuite été acheminés en quasi clandestinité vers la <strong>Catalogne sud</strong>, en Espagne. Cet élan de solidarité a mis en lumière les liens étroits qui existent depuis longtemps entre les deux communautés. </p> <h3>La Catalogne, divisée depuis le <span class="caps">XVIII</span>e siècle</h3> <p>A l’issue de la guerre de franco-espagnole est signé en 1659, le traité des Pyrénées qui entérine la partition de la Catalogne. La partie nord de la province est cédée à la France. En 1700, le Roi de France fait interdire l’usage du catalan dans le Roussillon, le nom donné à ces territoires issus de la Catalogne. Mais malgré les différentes tentatives des pouvoirs centraux, l’héritage catalan est resté vivace. Il a même été renforcé à certaines périodes de l’Histoire comme après la Guerre d’Espagne, où de nombreux républicains ont franchit la frontière française pour fuir le Franquisme. Et parmi ces derniers, beaucoup venaient de Catalogne, l’un des bastions du mouvement ouvrier en Espagne.</p> <h3>Les Pyrénées-Orientales, “la Catalogne française”</h3> <p>Il existe à Perpignan, chef lieu du département des Pyrénées orientales, <a href="http://presidencia.gencat.cat/ca/ambits_d_actuacio/casa_de_la_generalitat_a_perpinya/">une représentation officielle de la Généralité de Catalogne</a>. L’objectif de cette de structure est de renforcer la coopération et les échanges entre les deux Catalogne. Cet organe a reçu <a href="http://www.youscribe.com/BookReader/Index/2876868?documentId=3140554">le soutien</a>, le 25 septembre dernier, de l’association des maires, des adjoints et de l’Intercommunalité des Pyrénées-Orientales, après l’arrestation de plusieurs responsables du gouvernement Catalan. Certains grands mouvements catalans, comme <a href="http://www.assemblea.cat">l’Assemblée nationale catalane</a>, disposent également de relais en France. </p> <p>Aujourd’hui, les Pyrénées-Orientales sont peuplés d’un peu plus de 400 000 personnes dont un quart serait en mesures de comprendre et/ou de s’exprimer en catalan. Le département a même reconnu officiellement, au côté de la langue française, le catalan comme langue de la collectivité. Mais si cette <a href="http://www.ledepartement66.fr/202-charte-en-faveur-du-catalan.htm">charte en faveur du catalan</a> n’est pas reconnue au niveau national car selon le second article de la Constitution française, “La langue de la République est le français”. </p> <p>Des établissements scolaires bilingues français/catalan ont été mis en place dans le département pour favoriser l’apprentissage et la diffusion de la langue, à l’image de ce qui existe pour d’autres langues dites régionales (basque, corse, breton, etc.). 13 000 élèves, <a href="http://disciplines.ac-montpellier.fr/catalan/ou-est-enseigne-le-catalan-s-ensenya-el-catala">de la maternelle au lycée</a>, étaient par exemple scolarisés dans ces écoles publiques durant l’année scolaire 2012/2013. Ces classes seraient victimes de leur succès de l’aveu des enseignants. Ces derniers réclament l’ouverture de nouvelles classes. </p> <h3>Un référendum en France ?</h3> <p>En France, l’identité catalane est essentiellement culturelle, il n’en reste pas moins que les habitants de la Catalogne du nord restent attachés à leurs racines. A l’occasion de la création des nouvelles super-régions, un mouvement avait tenté en vain d’attacher au nom d’Occitanie (soit la fusion des deux anciennes régions de Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées) celui de “Pays Catalan”. Plusieurs milliers de personnes avaient défilé dans les rues de Perpignan dans ce sens. Ce mécontentent a donné naissance à un mouvement, «Oui au Pays Catalan» qui a présenté des candidats aux dernières élections législatives. </p> <p><blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr">Signez vite la pétition pour le Pays Catalan ! <a href="https://t.co/GfsTPrMMvs">https://t.co/GfsTPrMMvs</a> <a href="https://t.co/I5TLofKwNW">pic.twitter.com/I5TLofKwNW</a></p>— Ouiaupayscatalan (@ouiaupayscat) <a href="https://twitter.com/ouiaupayscat/status/888310830378266624?ref_src=twsrc%5Etfw">21 juillet 2017</a></blockquote><br /> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p> <p>Mais si en France, les velléités d’indépendance restent marginales, des voix se sont élevées pour réclamer plus d’autonomie. Deux formations politiques <a href="http://www.lindependant.fr/2017/10/05/un-referendum-pour-le-nouveau-statut-de-la-catalogne-nord,3057613.php">espèrent organiser un référendum pour créer une nouvelle collectivité</a> en lieu et place des Pyrénées-Orientales. Son nom : <a href="https://www.catalogne-nord.info/">la Catalogne nord</a>.</p> <p><em>Illustration : Hôtel de ville de Perpignan</em></p>