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Terrorisme : la filière ouzbèque

Les pays d'Asie centrale sont dans le collimateur des services de renseignement.

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Terrorisme : la filière ouzbèque

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Une semaine après l’attaque terroriste de Manhattan qui a fait huit morts et quatorze blessés, les services de renseignement ont de nouveau les yeux tournés vers “l’Ouzbékistan“http://www.ledauphine.com/france-monde/2017/11/01/l-ouzbekistan-nouveau-foyer-djihadiste, dont est originaire Sayfullo Saipov l’auteur de l’attaque de New York. Comme lui, plusieurs Ouzbeks en exil ont commis des attentats sanglants ces derniers mois au nom du groupe Etat islamique.

Pour Asiem El Difraoui, spécialiste du monde arabe, le jihadisme ouzbek trouve ses racines en Afghanistan : “En fait, l’Ouzbékistan n’est pas une exception. Tous ces mouvements islamistes sont nés à un moment précis en Afghanistan à la fin du siècle dernier, pendant la guerre contre l’Union soviétique et c’est très intéressant de voir que le plus grand mouvement jihadiste en Ouzbékistan a été fondé par des ex-officiers soviétiques qui ont combattu en Afghanistan.”


Cette année les islamistes ouzbeks ont aussi semé la terreur à Istanbul, à Saint-Petersbourg et à Stockholm. Une recrudescence de la violence aux racines multiples. En quelques années, la répression contre les islamistes d’Asie centrale par des régimes autoritaires a provoqué l’exode de milliers de familles et encouragé la radicalisation des plus fanatiques.
Pour éradiquer ce phénomène, il faudra du temps et des moyens.


Asiem El Difraoui, politologue : “Le jihadisme peut uniquement être combattu efficacement si on s’attaque aux racines de ce mal à savoir l‘énorme crise économique et sociale chez nos voisins du sud de la Méditerranée, si on confronte idéologiquement le jihadisme partout dans le monde, si on prend en considération aussi la faiblesse psychologique de certaines diasporas qui sont très vulnérables à cette idéologie totalitaire. Moi j’ai toujours l’impression qu’on essaye de remédier aux choses les plus évidentes dans l’actualité concernant le jihadisme mais qu’on n’a pas développé, nous, spécialement comme Européens, une stratégie qui va plus loin, de long terme qui inclut tous ces aspects globaux de ce phénomène si dangereux.”

Propos recueillis par Christophe Garach
Avec Agences