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3ème suicide d'un criminel de guerre : la réputation du TPIY empire

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3ème suicide d'un criminel de guerre : la réputation du TPIY empire

Un juge du TPIY réagit après que Slobodan Praljak a avalé du poison
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D'abord directeur de théâtre avant de devenir un criminel de guerre, Slobodan Praljak a commis un acte d'une grande dramaturgie pour sortir de la scène judiciaire internationale. L'ancien général, chef militaire des Croates de Bosnie s'est suicidé, en pleine audience du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie, en buvant un liquide contenu dans une fiole qu'il portait sur lui. Un "produit chimique mortel" se trouvait dedans, vient de révéler le parquet néerlandais.

La salle du tribunal, situé à La Haye, aux Pays-Bas, s'est ainsi transformée en "scène de crime" dès mercredi.

Mais comment donc un accusé de cette importance, condamné à 20 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité lors du conflit croato-musulman (en 1993 et 1994), a-t-il pu se trouver en possession d'un violent poison pendant un jugement ? Le parquet doit maintenant répondre rapidement à cette question, il en va de la réputation du TPIY qui siégeait pour la dernière fois. Les policiers mandatés sont déjà à l'oeuvre.

Quelle complicité pour se procurer le poison ? 

L'enquête doit surtout établir si Slobodan Praljak, dans le but de se donner la mort, a reçu une aide : soit dans le centre de détention du TPIY, où il était emprisonné depuis 2004, l'année de sa reddition à la justice, soit - on ne peut l'exclure - alors qu'il se trouvait au sein même du tribunal. Les enquêteurs vont également se pencher sur la violation de la réglementation sur les substances médicales, et tenter de comprendre comment le criminel de guerre a réussi à se procurer un tel poison. Il est mort quelques heures seulement après son coup de théâtre à l'hôpital HMC à La Haye.

La prison spéciale du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, et par conséquent l'instance judiciaire elle-même, ne sortent pas grandies du drame filmé en direct. Leur réputation n'avait pas besoin de cela, par deux fois déjà des criminels de premier plan de la guerre en Bosnie-Herzégovine s'étaient suicidés dans leurs cellules.

Pourquoi une telle facilité pour se suicider dans la prison du TPIY ?

Le dernier en date était Milan Babic, l'ex-chef des Serbes de Croatie, inculpé de crimes contre l'humanité. Le 5 mars 2006, il met fin à ses jours en se pendant avec une ceinture de cuir. Le rapport officiel fait aussi mention d'un sac de plastique que le détenu avait enfilé sur sa tête. Un prisonnier est pourtant privé normalement de tout objet lui permettant de se suicider.

Milan Babic, à gauche sur la photo ci-dessous :

Auparavant, dans la nuit du 28 au 29 juin 1998, Salvko Dokmanovic, violent partisan des Serbes de Croatie, ancien maire de Vukovar, s'est pendu pareillement dans le centre de détention du tribunal. Accusé d'avoir orchestré et participé au massacre d'au moins 200 personnes, emmenées de force dans un hôpital de sa ville en novembre 1991, il ne connaîtra jamais le verdict de son procès...