DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Elections en Catalogne : les indépendantistes en ordre dispersé

Vous lisez:

Elections en Catalogne : les indépendantistes en ordre dispersé

Marta Rovira, la chef de file de la gauche radicale (ERC)
Taille du texte Aa Aa

A moins de deux semaines des élections régionales en Catalogne, la campagne a officiellement démarré mardi à minuit et tous les candidats (par liste) sont en ordre de bataille dans les quatre provinces catalanes (Barcelone, Gérone, Lérida et Tarragone). Mais c’est vers Barcelone, la province la plus peuplée où 82 sièges sont en jeu (sur 182), que tous les regards sont tournés. Avec une question : que va devenir la majorité indépendantiste sortante ? A ce stade, les partis indépendantistes partent en ordre dispersé dans un contexte inédit : après le référendum du 1er octobre leurs principaux candidats sont en prison ou en exil. Tous dénoncent la « répression » de l’Etat espagnol.

A ce stade, les deux camps pro et anti-indépendance sont au coude-à-coude dans les sondages avec un petit avantage pour les indépendantistes. Mais ces derniers ne seraient pas en mesure d'obtenir la majorité absolue. 

Deux partis pourraient jouer les arbitres : Catalunya en Commun soutenu par la maire de Barcelone Ada Colau et le parti de la gauche radicale Podemos pourraient faire alliance mais sur un front anti-indépendantiste. 

Les chefs de file indépendantistes

Oriol Junqueras et Marta Rovira (ERC, gauche républicaine) : comme Oriol Junqueras a été maintenu en détention par la justice espagnole, c’est donc son bras droit, Marta Rovira, 40 ans, qui mène la campagne sur le terrain. L’ERC est actuellement en tête dans les sondages.

Marta Rovira

Bien que Marta Rovira ait échappé à la prison, une enquête est toujours ouverte contre elle pour son rôle dans la préparation du référendum du 1er octobre considéré par Madrid comme anticonstitutionnel.

Que promet-elle ? Marta Rovira est une pro-indépendantiste de la première heure et appelle à l’union de tous les partis militants pour la même cause.

“Nous ne demanderons pas la permission de créer la république (catalane)", a-t-elle récemment déclaré à la presse. Mais de préciser que « tout dépendra de la solidité du mandat démocratique » à l’issue des prochaines élections. Concrètement, l’ERC ne fixe plus de date pour une éventuelle indépendance.

Carles Puigdemont (Junts per Catalunya, Ensemble pour la Catalogne) : en exil forcé en Belgique depuis qu’il a été démis de ses fonctions, l’ex-président de l’exécutif catalan, fait donc campagne à distance. Il a créé sa propre liste et n’a renoncé à rien. S’il remporte les élections, il estime pouvoir être rétabli légitimement dans ses fonctions. Mais la justice espagnole ne l’entend pas ainsi : s’il rentre à Barcelone, il risque d’être aussitôt placé en détention.

Carles Puigdemont. Foto: ACN.

Son numéro deux n’est autre que Jordi Sanchez, l’ex-président de l’assemblée nationale catalane, lui aussi emprisonné pour sédition depuis octobre dernier.

Les derniers sondages placent actuellement la liste de Carles Puigdemont en quatrième position.

Que promet-il ? Il demande la suppression de l’article 155 dans la constitution espagnole (qui prévoit des sanctions contre une région sécessionniste) et promet le rétablissement de la république catalane indépendante.

Carles Riera (CUP, gauche radicale) : le chef de file de la CUP est l’un des partisans les plus déterminés de l’indépendance. Il considére l’activation de l’article 155 de la constitution espagnole comme un « coup d’Etat ».

Carles Riera n’a de cesse de dénoncer la répression policière de Madrid.

Que promet-il ? Carles Riera souhaite chasser "l'état espagnol de la Catalogne" et consolider "une république sociale pour la majorité".

Les chefs de file anti-indépendantistes

Toutes les listes partent également ordre dispersé.

Inés Arrimadas (Ciudadanos, parti libéral) : son parti est la deuxième force politique en Catalogne, et arrive en seconde position dans les sondages. Inés Arrimadas avait déjà été candidate à la présidence catalane en 2015.

Catalonia Independence Investiture Debate

Que promet-elle ? La cheffe de file de Ciudadanos compare volontiers les pro-indépendantistes au parti de Marine Le Pen en France et les accuse de vouloir détruire l’Union européenne. Elle veut mettre un terme au processus séparatiste.

Miquel Iceta (Parti socialiste catalan, PSC) : lui aussi se présente pour la seconde fois à la présidence de la Généralité, l’exécutif catalan. Le PSC était arrivé troisième aux dernières élections de 2015 et pourrait conserver son nombre actuel de sièges, selon les derniers sondages.

Miquel Iceta

Que promet-il ?
Miquel Iceta incarne la gauche catalane anti-indépendantiste. Son programme vise à reconstruire la coexistence sociale dans la région.

Xavier Domènech (liste « la Catalogne en commun ») : c’est le chef de file du parti de gauche Podemos. Sa liste inclut plusieurs petit partis dont Barcelona en Comú, Esquerra Unida et Iniciativa per Catalunya parties.

DIADA DE CATALUNYA

Que promet-il ?
Xavier Domènech promet d’appeler à un nouveau référendum d’indépendance qui devra cette fois être considéré comme légal par le gouvernement espagnol.

Xavier García Albiol (Parti populaire) : le représentant du parti du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy aspire lui aussi à présider l’exécutif régional.

Xavier Garcia Albiol

Que promet-il ? C’est l’un des plus fervents partisans de l’unité du pays conformément à la constitution espagnole.

Avec Agences