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Valérie Plante : le nouveau visage de Montréal

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Valérie Plante : le nouveau visage de Montréal

Valérie Plante : le nouveau visage de Montréal
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Elle est devenue le mois dernier la première femme à accéder à la mairie de Montréal en se présentant, avec ironie, comme ''l'homme de la situation". Valérie Plante, 43 ans, est aussi l'une des rares femmes à diriger une grande métropole mondiale avec Anne Hidalgo à Paris ou Muriel Bowser à Washington.

À Montréal, la nouvelle "mairesse" veut notamment améliorer l'offre de transport pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans ce cadre, elle a signé cette semaine, avec une cinquantaine de villes, "la Charte de Chicago sur le climat", pour prendre le contre-pied de Donald Trump, après le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris.

Valérie Plante déplore également les conséquences de la politique migratoire du président américain, qui a remis en cause le statut de protection temporaire (TPS) des demandeurs d'asile Haïtiens, accordé après le tremblement de terre dévastateur de 2010. Cette décision a entraîné un afflux de réfugiés vers la frontière canadienne, en particulier vers Montréal.

La métropole québecoise qui demeure, par ailleurs, une ville ouverte à l'immigration, et où les opportunités sont nombreuses, notamment pour les francophones, rappelle Valérie Plante, alors alors que le gouvernement du Canada a relevé ses seuils d'immigration pour les trois prochaines années.

Retrouvez ici l'intégralité de l'interview de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Julien Pavy, Euronews :

Il y a Anne Hidalgo à Paris, Muriel Bowser à Washington DC, maintenant Valérie Plante à Montréal. Est-ce qu'on peut parler d'une nouvelle génération de leaders politiques ?

Valérie Plante, maire de Montréal :

Oui, mais en même temps vous venez de nommer trois femmes. Quand on regarde l'ensemble des maires, que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe, on est loin d'une certaine parité. Il n'en demeure pas moins que oui, les femmes accèdent à ces postes décisionnels importants.

Vous étiez cette semaine à Chicago, notamment avec Anne Hidalgo et Muriel Bowser, où vous avez signé une charte sur le climat pour prendre quelque part le contre-pied de Donald Trump, qui a lui décidé de sortir de l'accord de Paris. Quel est votre avis sur ce retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris ?

C'est dommage et dommageable. On veut marcher dans la même direction et non reculer. Dans mon cas, je dois pouvoir être solidaire avec les maires des Etats-Unis, dont plusieurs considèrent qu'ils ne doivent pas attendre une directive de la Maison Blanche. Le changement climatique est un fait prouvé, qui existe, on ne peut pas le nier. Pour nous au Canada, au Québec et à Montréal, on n'a pas de combat à mener pour passer de l'énergie fossile à l'énergie durable et propre, car nous avons déjà l'hydroélectricité. Pour pouvoir atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre, cela passe énormément par le transport. Nous devons offrir plus de transports collectifs aux Montréalais, sur l'île, mais également dans la grande région métropolitaine, pour pouvoir diminuer l'utilisation de la voiture solo. Malheureusement, le parc automobile croît plus rapidement que la population à Montréal.

Autre sujet important, cela concerne l'immigration : quelles sont les conséquences aujourd’hui pour une ville comme Montréal de la politique migratoire de Donald Trump aux Etats-Unis ?

On a vu des vagues de demandeurs d'asile, surtout la communauté haïtienne ces derniers mois, et on sait qu'il va y a voir de nouvelles vagues, c'est évident. À Montréal, nous sommes en mesure de pouvoir offrir les services de base, d'accueillir en bonne et due forme. Encore une fois, nous sommes une terre inclusive et nous souhaitons le demeurer. Pour moi, l'immigration est nécessaire et importante. C'est une bonne solution d'une part pour pouvoir accueillir ceux qui veulent s'installer au Canada, mais aussi pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre et démographiques. Le Canada est un très grand pays, mais nous pourrions être beaucoup plus nombreux pour répondre aux besoins. Comme dans tous les pays la population vieillit et il faut pouvoir la régénérer.

Est-ce que Montréal et une ville d'opportunités pour les travailleurs et étudiants étrangers, notamment pour les francophones ?

Oui absolument. On a une grande population française entre autres qui vient s'établir ici. La barrière de la langue n'est plus une barrière à Montréal et au Québec, car on partage le français, c'est un atout. Mais aussi pour les autres populations qui viennent s'établir. Montréal est une ville universitaire. Nous avons obtenu le prix de la meilleure ville universitaire au monde en raison de la qualité de vie, la capacité de pouvoir se loger à un prix raisonnable et la sécurité. Ce sont de bons éléments pour faire venir des étudiants, mais aussi des immigrants de partout dans le monde.