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Iran : nouvelle nuit d'émeutes meurtrières

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Iran : nouvelle nuit d'émeutes meurtrières

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Neuf personnes, dont six manifestants, un enfant, un policier et un membre des Gardiens de la révolution -l'armée d'élite du régime- ont été tuées dans cette nuit dans le centre de l'Iran lors de violences liées au mouvement de contestation qui secoue le pays depuis jeudi, a rapporté mardi la télévision d'Etat.

Les six manifestants ont été tués dans des affrontements avec les forces de l'ordre alors qu'ils tentaient de prendre d'assaut un poste de police de la ville de Qahderijan, dans la province d'Ispahan, a précisé la source. 

Un précédent bilan faisait état d'au moins treize morts dans des violences liées aux manifestations antigouvernementales qui agitent le pays depuis jeudi dernier.

Un policier est mort et trois autres ont été blessés, ce lundi, dans le centre du pays, d'après la télévision d'Etat.

A Doroud dans l'ouest, un père et son fils de 14 ans sont morts dans un accident avec un camion de pompiers volé par des manifestants, d'après les autorités locales.

Après avoir appelé au calme dimanche, Hassan Rohani a averti ce lundi que "le peuple iranien répondrait aux fauteurs de trouble", "une petite minorité" d'après le président iranien.

Ces manifestations contre le gouvernement et les difficultés économiques constituent la plus importante vague de contestation en Iran depuis 2009. A l'époque, la protestation portait contre la réélection de l'ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad. Trente-six personnes avaient été tuées dans la répression de ce mouvement, selon un bilan officiel (72 tués selon l'opposition).

L'accès à Internet et aux réseaux de messagerie a été limité ce week-end par les autorités pour éviter de nouveaux appels au rassemblement.

"Ce qui fait descendre les Iraniens dans la rue le plus souvent, ce sont des problèmes économiques ordinaires --la frustration face au manque d'emplois, l'incertitude par rapport à l'avenir de leurs enfants", explique à l'AFP Esfandyar Batmanghelidj, fondateur du Europe-Iran Business Forum.

Selon cet expert, les troubles ont été provoqués par les mesures d'austérité de M. Rohani, comme les réductions des budgets sociaux ou les augmentations des prix des carburants.

Des manifestations de soutien au pouvoir ont également été organisées ce lundi dans plusieurs villes du pays.

"M. Rohani dit qu'il faut protester d'une façon correcte, mais qu'est ce que ça veut dire ?", se demandait lundi Arya Rahmani, un infirmier de 27 ans interrogé par l'AFP à Téhéran. "Si je me contente de lui dire M. Rohani, je suis éduqué mais je suis au chômage, il s'en fichera complètement".

"Je ne suis pas du tout pour les manifestations dans lesquelles les biens publics sont vandalisés", a déclaré pour sa part Shiva Daneshvar, femme au foyer de 55 ans. "Nous devrons payer (les réparations) plus tard."

D'après les médias iraniens, environ 400 personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement, une centaine aurait été relâchée.

Avec AFP.