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Macron critique la décision de Trump au dîner du Crif

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Macron critique la décision de Trump au dîner du Crif

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Lutter contre l'antisémitisme du quotidien, et la haine raciste et antisémite sur internet. Lors du dîner du Crif au Carrousel du Louvre, à Paris, devant un millier d'invités, le Président français a fait des promesses. Mais Emmanuel Macron a aussi critiqué la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d'Israël :

"Quand il a annoncé la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, je pense qu'il n'a pas aidé à la résolution du conflit et à la situation. Je pense qu'il n'a même pas aidé à l'amélioration de la situation sécuritaire."

Le président du Crif, Francis Kalifat, qui a soutenu la décison de Donald Trump, a répondu au président Macron par une sorte de pirouette diplomatique :

"Si vous me permettez Monsieur le Président de la République, j'ajoute un voeu pour votre prochain voyage en Israël, que la France reconnaisse Jérusalem comme capitale d'Israël."

Hormis cette divergence d'opinion, la gouvernement français et le Crif semblent en phase. Macron a déclaré que "l'Etat protégerait les personnes, les lieux de cultes, les écoles et les crèches durant tout son quinquennat" et promis de mener un combat au niveau européen pour contraindre les opérateurs du net à retirer les contenus haineux de la Toile. Il a aussi dénoncé le boycott des produits israéliens.

Concernant l'éventuelle réédition des pamphlets antisémite de l'écrivain Céline, Macron a laissé entendre qu'il y était opposé, mais s'est déclaré heureux qu'il y ait débat.

Serge et Beate Klarsfeld ont interpellé l'éditeur Antoine Gallimard sur le sujet. Ils ne veulent pas de cette réédition, même dotée d'un appareil critique. Hier soir, ils ont reçu le prix du Crif 2018 pour leur combat pour la mémoire de la Shoah.

Une nouvelle fois, aucun représentant du Front national ni de la France insoumise n'est venu s'asseoir à la table du Crif, en retour taxé de "communautarisme" à l'extrême droite comme à la gauche de la gauche.

Le nombre de faits antisémites a de nouveau reculé en 2017, mais le niveau de la haine antijuive est toujours préoccupant. Car cette baisse globale masque mal l'augmentation du nombre d'actions violentes. Et la première minorité juive d'Europe (un demi-million de personnes) est particulièrement frappée : elle est la cible d'un tiers des actes haineux recensés en France, alors qu'elle représente moins de 1% de la population.