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Elections hongroises : "l'illibéral" Orbán en position de force

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Elections hongroises : "l'illibéral" Orbán en position de force

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À quelques jours des élections générales en Hongrie, dimanche 8 avril, les électeurs indécis inquiètent Viktor Orbán. Mais le Premier ministre semble bien placé pour poursuivre la construction de son système, qu'il a lui-même qualifié de "démocratie illibérale".

C'est une campagne sans débat qui se termine. Viktor Orbán, qui brigue un troisième mandat, ne parle pas de l'opposition, comme pour montrer qu'elle n'est pas une menace pour son parti national-conservateur, le Fidesz.

Ce dernier n'a même pas publié de programme électoral. Il surfe sur ce qui fait son succès : les dangers qui guettent la Hongrie. Des ennemis qui s'appellent "immigrants illégaux" et "George Soros".

L'opposition regrette que dans le même temps, certains personnes potentiellement dangereuses ont pu acheter leur permis de séjour, grâce au programme controversé des "Golden Visa" encouragé par le gouvernement.

La crise des migrants a atteint la Hongrie peu après les dernières élections, en 2014. L'année suivante, le gouvernement décidait de construire une barrière le long de la frontière serbo-hongroise. La promesse d'Orbán : protéger le pays de cette migration.

L'ennemi public est ensuite devenu l'homme d'affaires hongrois et philanthrope George Soros, que Viktor Orbán accuse d'être pro-migrants et de vouloir déstabiliser la Hongrie, via Bruxelles, les Nations unies et les ONG.

À trois semaines du scrutin, le 15 mars jour de la fête nationale, le Premier ministre déclarait la guerre à ces forces internationales :

"Nous nous battrons contre les agissements de l'empire George Soros, et de ce qu'il veut faire de la Hongrie. Notre terre, c'est notre vie, nous n'en avons aucune autre, nous nous battrons pour elle jusqu'au bout et nous ne l'abandonnerons jamais", lançait Viktor Orbán, dos au célèbre Parlement hongrois à Budapest.

Autre enjeu de l'élection, les futures relations avec la Commission européenne, qui après une série de bras de fer, lancé des procédures d’infraction contre Budapest, rappelle l'analyste politique hongrois Zoltán Ceglédi :

"Ces législatives vont répondre à une question primordiale : est-ce que la Hongrie veut rester un pays européen ou va-t-elle s'engager avec la Russie de Poutine ? Va-t-elle commencer, ou en réalité continuer, à se rapprocher des solutions non-démocratiques dont Poutine est le spécialiste, et qui sont, dans une certaine mesure, mises en œuvre en Turquie ?".

La corruption était un des sujets majeurs de la campagne. Ces derniers mois, une série de scandales ont impliqué des proches de Viktor Orbán, accusés de s'enrichir grâce aux fonds l'Union européenne. La principale affaire, celle des "lampadaires de Szekszard", a pris des airs d'affaire d'Etat.

Malgré cela, les électeurs ont du mal à trouver une alternative, face à une opposition divisée. Le Jobbik semble s'être détaché, depuis sa mue entamée il y a quelques années.

Le parti d'extrême-droite ultranationaliste, se targue d'avoir séduit des Hongrois de gauche et fait office de premier parti d'opposition.

Deux partis de gauche ont décidé de s'unir sous une même bannière : le Dialogue et le Parti socialiste. L'un des jeunes politiques les plus populaires du pays, Gergely Karácsony est candidat au poste de Premier ministre. Mais sa coalition ne semble pas faire le poids face au Fidesz.

Dans l'isoloir, le nombre de bulletins différents sera bien plus grand. Certains partis sont presque inconnus, et s'appuient sur les financements publics pour renforcer ou affaiblir d'autres formations au cours de la campagne.

Le résultat final est imprévisible. La plupart des électeurs disent vouloir un changement de gouvernement, et pourtant, une victoire du Fidesz est le scénario le plus probable, principalement à cause de l'opposition divisée et du mode de scrutin à un tour.

La Hongrie est actuellement le pays européen où le populisme est les plus établi : selon une étude publiée sur Euronews.com, 65% des électeurs hongrois soutiennent les partis anti-système, soit le score le plus élevé dans l'UE.

Quatre Hongrois sur dix soutiennent le parti de Viktor Orban. Les sondages créditent le Fidecz d’une avance de vingt à trente points sur ses poursuivants. Mais près d'un tiers des électeurs sont encore indécis... Un brin d'espoir pour l'opposition.