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Mondial-1998, les 20 ans: "Stupide de dire qu'il y aurait une identité française", selon Thuram

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Mondial-1998, les 20 ans: "Stupide de dire qu'il y aurait une identité française", selon Thuram

Mondial-1998, les 20 ans: "Stupide de dire qu'il y aurait une identité française", selon Thuram
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Lilian Thuram assume une voix parfois singulière dans les débats idéologiques: pour l'ancien défenseur, il serait "extrêmement stupide de dire qu'il y aurait une identité française", alors que "chacun de nous est porteur d'une identité unique". L'arrière droit des champions du monde 1998, engagé dans les questions de société à travers sa Fondation Education contre le racisme, explique à l'AFP vouloir "profiter de cette notoriété pour questionner la société française", y compris sur un sujet sensible comme celui de l'identité nationale. "Chacun de nous est porteur d'une identité unique, et on veut nous faire croire qu'il y aurait une identité de groupe, qui serait liée à la nationalité, à la religion, à la sexualité. Non, chacun est porteur d'une identité unique et il faut la revendiquer plus fortement, parce que sinon on tombe dans un piège", estime-t-il. "C'est extrêmement stupide de dire qu'il y aurait une identité française: si vous voulez dire ce qu'est une identité française, obligatoirement vous allez mettre des choses dans une boîte, qui serait l'identité, mais il y a plein de choses qui ne vont pas pouvoir rentrer dans votre boîte", développe l'ancien latéral de 46 ans. "Ce qui me nourrit, quand parfois c'est compliqué, c'est cette victoire (à la Coupe du monde 1998), le fait d'avoir pris le bus, d'être allé sur les Champs-Elysées et de voir la France", complète Thuram. - "Malcolm X" - Éphémère membre du Haut Conseil à l'intégration nommé par le Premier ministre Dominique de Villepin et du Conseil fédéral de la Fédération française de football (FFF), Thuram s'est signalé par de multiples prises de position sur des questions de société depuis sa retraite en 2008, et même auparavant, via notamment des prises de bec avec Nicolas Sarkozy. Il a parfois été perçu comme un "donneur de leçons", par exemple par Patrice Evra lâchant après le Mondial-2010: "Il ne suffit pas de se balader avec des livres sur l'esclavage, des lunettes et un chapeau pour devenir Malcom X". Interrogé sur cette critique, Thuram a ri puis répondu: "J'ai eu la chance d'être sportif de haut niveau, et j'ai appris qu'on ne peut pas faire l'unanimité. Et il ne faut pas chercher à faire l'unanimité, c'est très important. Que les gens me critiquent, il n'y a pas de problème, puisque effectivement je critique la société, donc qu'on me critique, c'est normal". "Lorsque j'interviens dans un questionnement, c'est aussi parce que je me suis éduqué sur le sujet, j'essaie d'être intellectuellement le plus armé possible pour débattre sur le sujet. Lorsque j'interviens, c'est généralement pour demander un changement. Dans n'importe quelle boîte ou groupe, celui qui intervient pour demander un changement, en règle générale il est minoritaire, on n'a pas envie de l'écouter, parce qu'on veut continuer à faire comme on en a l'habitude", poursuit-il. Ajoutant: "C'est très important d'écouter la critique, c'est comme ça qu'on devient un athlète performant. Mais ce qui est important, c'est: qui formule la critique? Si quelqu'un formule une critique sur votre façon de défendre ou de jouer au foot alors qu'il ne comprend rien au foot, il est évident que vous n'allez pas écouter la critique. Des personnes vont intervenir sur des sujets qu'ils ne maîtrisent pas donc il ne faut pas perdre votre temps à les écouter. Si on vous critique sur le fait de porter des chapeaux, ça n'a pas de sens!"
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