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Les menaces de mort, une "routine" dans le débat du Brexit au Royaume-Uni

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Les menaces de mort, une "routine" dans le débat du Brexit au Royaume-Uni

Les menaces de mort, une "routine" dans le débat du Brexit au Royaume-Uni
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Dans le brûlant débat sur le Brexit, dont une nouvelle bataille cruciale se joue mercredi au Parlement, certains députés britanniques sont contraints de trouver l'équilibre entre exprimer leurs opinions personnelles et préserver leur sécurité physique. Alors que la stratégie défendue par le gouvernement de Theresa May sur la sortie de l'UE est contestée dans l'opposition mais aussi jusque dans les rangs de la majorité conservatrice, certains députés europhiles ont fait l'objet de menaces de mort. Selon la conservatrice Anna Soubry, l'une des meneuses de la rébellion contre l'exécutif, ces menaces ont empêché au moins l'un de ses collègues de voter conformément à ses convictions, par peur d'éventuelles représailles. Un autre a dû être escorté par six policiers en civil lors d'un évènement public. Elle-même prise pour cible, Mme Soubry a demandé lundi à la police d'enquêter sur une nouvelle menace qu'elle venait de recevoir. Elle a toutefois souligné que ces intimidations avaient renforcé sa détermination face au gouvernement. "Les menaces de mort deviennent une routine et rendent beaucoup d'entre nous plus déterminés", a-t-elle tweeté mardi. Plusieurs députés conservateurs rebelles ont annoncé leur intention de voter contre la ligne défendue par le gouvernement et de soutenir mercredi un amendement qui offrirait au Parlement un droit de veto sur l'accord final du Brexit, actuellement négocié entre Londres et Bruxelles. - Accusations de 'trahison' - Depuis le printemps 2017, trois personnes ont été condamnées pour des menaces visant Anna Soubry, dont l'une à huit semaines de prison. L'une d'elles, un ingénieur à la retraite, a écopé en juin d'une peine avec sursis pour avoir envoyé à Mme Soubry et cinq autres députés des courriels menaçants, à caractère raciste, les accusant de "trahison" sur le Brexit. Tous trois avaient mentionné le meurtre de Jo Cox, une députée travailliste tuée de plusieurs balles et coups de couteau par un sympathisant néo-nazi le 16 juin 2016, une semaine avant le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Les menaces, souvent exprimées en ligne, sont devenues une réalité avec laquelle les députés doivent composer. Jess Philips, une élue travailliste et féministe engagée, a récemment raconté qu'elle avait reçu 600 menaces de viol en une seule nuit. Le 11 juin, un jeune néo-nazi de 23 ans avait reconnu lors de son procès planifier l'assassinat d'une autre députée travailliste, Rosie Cooper, pour lequel il avait acheté une machette de cinquante centimètres. Depuis la campagne référendaire sur le Brexit, particulièrement clivante, les tensions ressurgissent régulièrement, notamment lors des votes au Parlement. - 'A vos risques et périls' - Elles sont parfois alimentées par la presse britannique, notamment par les journaux pro-Brexit, estiment certains élus pris pour cible. Le tabloïd Daily Mail avait ainsi qualifié les juges d'"Ennemis du peuple" quand la Haute cour de justice avait décidé que le Parlement devait approuver le déclenchement de la procédure de sortie, en novembre 2016. Et la semaine dernière, le Daily Express mettait ainsi en garde les parlementaires: "Ignorez la volonté du peuple à vos risques et périls". "Il s'agit d'une menace, purement et simplement", s'était plaint à la chambre des Communes le travailliste Chuka Umunna, farouche partisan du maintien dans l'UE. Le gouvernement a condamné toute menace ou intimidation, mais un grand nombre de ses partisans au Parlement ont recours à un vocabulaire enflammé, accusant leurs collègues rebelles de vouloir "saboter" le Brexit. Le député Dominic Grieve, qui a lui aussi reçu des menaces de mort, a exigé de mettre fin au ton "hystérique" des débats sur la sortie de l'UE. "Le Parlement ne peut pas faire son travail si chaque fois que nous avons des oppositions sur les détails d'un projet de loi, cela se transforme en crise constitutionnelle avec des accusations de trahison adressées à quiconque est en désaccord avec l'approche du gouvernement", a-t-il déclaré mardi sur SkyNews.
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