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Mondial-2018: Salah, le rendez-vous manqué

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Mondial-2018: Salah, le rendez-vous manqué

Mondial-2018: Salah, le rendez-vous manqué
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La désillusion est à la hauteur des espoirs fous qu'il aura suscités dans le cœur des Égyptiens: Mohamed Salah, arrivé blessé au Mondial russe, est éliminé avant même le dernier match de poule, triste épilogue d'une épopée mort-née. Sans l'épaule blessée de Salah, le Mondial des "Pharaons" aurait-il été différent ? Hector Cuper, le sélectionneur de l'Egypte, n'est pas convaincu. "Personne ne peut nier l'importance de Salah (mais) c'est difficile de dire ce qu'il aurait pu se passer s'il avait été en forme", avait reconnu l'Argentin après la défaite sans appel contre les Russes (3-1), mardi, qui condamnait déjà pratiquement son équipe. Mercredi, l'élimination a été mathématiquement validée par la victoire de l'Uruguay sur l'Arabie saoudite (1-0). Cela n'empêchera pas supporters et observateurs de maudire Sergio Ramos pour sa faute grossière sur "le Messi du Nil", le 26 mai dernier, en finale de la Ligue des champions, et de "refaire le(s) match(es)". Touché à l'épaule, son absence avait été évaluée à "trois ou quatre semaines" par les médecins de Liverpool, ce qui situait son retour entre le 16 et le 23 juin. Les efforts des médecins de la sélection et les tentatives d'intox de son sélectionneur n'ont pas suffi à raccourcir ce délai. Et l'Egypte a dû se passer de lui pour son premier match, perdu face à l'Uruguay (1-0). Mais même s'il n'a pas été très en vue mardi, pour son retour, malgré son penalty réussi, le déroulement du match a tout de même rappelé une réalité que beaucoup perdent de vue dans ce Mondial et qui ne touche pas que les Pharaons: une star ne fait pas une équipe. L'élimination de l'Égypte est-elle sportivement une surprise ? La présence du joueur aux 44 buts en club cette saison pouvait-elle vraiment permettre à une équipe 45e au classement Fifa et qualifiée facilement - face à un mauvais Ghana en éliminatoires -, de sortir d'un groupe avec un pays organisateur soudain retrouvé et l'Uruguay, 14e mondial ? - Grozny, drôle de QG - Même si l'on répond oui à ces questions, le plus regrettable pour l'Egypte et Salah tient sans doute dans tous les petits "à-côtés" négatifs qui sont venus ternir ce rendez-vous raté de l'Egypte avec une compétition qu'elle n'avait plus connue depuis 28 ans. Le choix de Grozny, capitale de la Tchétchénie, comme camp de base, pour des raisons de compatibilité religieuse en plein Ramadan finissant, avait déjà un peu interpellé par son éloignement des principaux centres de la compétition. Et il y a eu la polémique créée par la photo de Salah main dans la main avec le leader tchétchène Ramzan Kadyrov, accusé de nombreuses exactions, qui a fait grand bruit notamment en Angleterre, où il joue. Certes, les Tchétchènes ont été très prévenants, confectionnant même pour ses 26 ans un énorme gâteau de 100 kilos aux couleurs de la sélection, orné à son sommet, en guise de cerise, d'un soulier en or, mais ce cadeau n'était pas non plus du meilleur goût. Enfin, la présence de nombreuses personnalités publiques égyptiennes et même de simples supporters dans l'hôtel de la sélection à Saint-Pétersbourg, où se déroulait le match décisif contre la Russie, a choqué même en haut lieu au pays. Ce serait presque oublier que le Mondial n'est pas encore terminé pour les Pharaons. Il reste un match contre l'Arabie saoudite, lundi. Une rencontre pour l'histoire: l'Egypte court encore après sa première victoire en Mondial. À Salah et ses coéquipiers de tâcher d'écrire au moins cette page-là.
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