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"Non à la guerre": la journaliste russe anti-guerre a été condamnée à une amende et libérée

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Par Camille Pauvarel  & Euronews
Marina Ovsyannikova tenant sa pancarte derrière la présentatrice vedette du journal télévisé de Pervy Kanal, Ekaterina Andreïeva.
Marina Ovsyannikova tenant sa pancarte derrière la présentatrice vedette du journal télévisé de Pervy Kanal, Ekaterina Andreïeva.   -   Tous droits réservés  HANDOUT/AFP or licensors   -  

C'est un dénouement judiciaire - pour l'instant - très favorable à Marina Ovsiannikova. La journaliste de la première chaîne russe , Pervy Kanal, qui a interrompu ce lundi le journal du soir en brandissant une pancarte avec des messages anti-guerre écrits en anglais et en russe, a été condamnée à une amende et libérée.

Lors de son procès au sujet d'une vidéo publiée avant son action dénonçant aussi les opérations militaires russes en Ukraine, Marina Ovsiannikova a calmement maintenu ses propos : "Je reste convaincue que la Russie commet un crime et qu'elle est l'agresseur de l'Ukraine".

Reconnue coupable d'avoir commis une "infraction administrative", la journaliste devra payer une amende de 30.000 roubles (environ 250 euros au taux actuel), selon une journaliste de l'AFP présente à l'audience. Remise en liberté, elle risque toutefois encore des poursuites au pénal passibles de lourdes peines de prison.

Non à la guerre. Ne croyez pas à la propagande. Ils vous mentent ici. Les Russes contre la guerre.
Marina Ovsyannikova
Employée de la chaîne russe Pervy Kanal

Quelques heures avant son action en direct, Marina Ovsiannikova avait enregistré une vidéo sur le site de l'ONG, OVD-Info dans lequel elle expliquait sa "honte" de travailler pour une chaîne qu'elle accusait de diffuser de la propagande. Arborant un collier aux couleurs du drapeau ukrainien, la journaliste indiquait avoir un père ukrainien et une mère russe et qualifiait l'intervention militaire russe de "crime" en pointant du doigt la responsabilité directe du président Vladimir Poutine.

La mère de deux enfants a été arrêtée et risque jusqu'à quinze ans de prison. Fin février, le Kremlin a mis en place une loi pour lutter contre ce qu'il appelle "les fausses informations" au sujet de l'Ukraine, plusieurs termes sont bannis des médias notamment ceux de "guerre" et d'"invasion".

Moscou a dénoncé un acte de "hooliganisme" perpétré sur une chaîne publique suivie par des millions de téléspectateurs russes.

Selon OVD-Info, qui défend le droit de manifester en Russie, près de 1 500 personnes ont été arrêtées depuis le début de l'invasion russe, le 24 février.