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« Super Mario » tombe, l’Europe tremble : la période d’incertitude inquiète les marchés

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Par Euronews  avec AFP
Mario Draghi le 21 juin 2022
Mario Draghi le 21 juin 2022   -   Tous droits réservés  Andrew Medichini/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.   -  

La presse italienne juge sévèrement le camouflet infligé à Mario Draghi.

Les partis de sa coalition gouvernementale lui ont ce mercredi retiré leur confiance et l'ont poussé à la démission.

"L'Italie trahie", titre ainsi le quotidien La Repubblica. "Adieu au gouvernement Draghi", écrit le Corriere della Sera, tandis que La Stampa y voit une "honte".

De l’autre côté des Alpes, Le Monde estime que « le moment ne pouvait pas être pire pour l’Italie ». L’éditorial du quotidien français relève que l'économie du pays « est déjà fragilisée par la crise énergétique » (40 % du gaz italien vient de Russie) et compte sur les « 200 milliards d’euros du plan d’urgence européen dont il est avec l’Espagne le principal bénéficiaire. »

Les marchés européens scrutent eux aussi la situation dans la troisième économie de la zone euro, déjà fragilisée par deux ans de Covid suivis maintenant de la crise énergétique.

L’ancien président de la Banque centrale européenne à la tête de l’Italie était perçu comme un facteur de stabilité par les marchés.

Signe de la nervosité, le coût de la dette souveraine italienne est reparti à la hausse et la de l’Italie et la Bourse de Milan a chuté jeudi matin.

Soutien de la BCE

Quelques heures plus tard, la BCE annonçait la mise en place d'un nouvel instrument pour protéger les Etats les plus fragiles contre des attaques spéculatives sur leur dette. 

Une des caractéristiques majeure de ce programme dénommé "TPI" (pour "Transmission Protection Instrument", "instrument de protection de la transmission") est que les achats de dette seront potentiellement illimités pour contrer les attaques spéculatives.

Aux yeux de Laurence Boone, la secrétaire d’Etat française chargée de l’Europe, l’Italie entre dans « une période d’incertitudes ».

Quant au commissaire européen à l'Economie, l'Italien Paolo Gentiloni, lui-même ancien chef du gouvernement italien, il juge "irresponsables" les partis ayant lâché Mario Draghi, alors que Bruxelles et ses partenaires européens ont fait pression pour qu'il reste à son poste.

Le départ de « Super Mario » sera suivi par des élections anticipées

Les enquêtes d’opinion donnent en première position des intentions de vote Fratelli d’Italia. Le parti post-fasciste de Giogia Meloni prône de substituer l’UE par une « confédération d’Etats souverains » et réclame une réforme radicale de la BCE.

Selon les derniers sondages (institut SWG réalisé le 18 juillet), Fratelli d’Italia compte sur 24 % d’intentions de vote, devant le Parti démocrate (22%) et la Ligue (14%).