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Teodor Baconschi, ministre roumain des Affaires étrangères : "Ne pas fracturer l'Europe"

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Teodor Baconschi, ministre roumain des Affaires étrangères : "Ne pas fracturer l'Europe"

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En pleine crise de la dette, la Roumanie regarde de près la bataille qui se joue pour l’avenir de l’Europe. Toujours hors de la zone euro, la Roumanie est entrée en 2007 dans l’Union européenne, avec la Bulgarie, après avoir rejoint l’Otan en 2004. Elle peine en revanche à convaincre ses partenaires européens, notamment la Finlande et les Pays-bas, de sa capacité à rejoindre l’espace Schengen.

Euronews a interviewé le chef de la diplomatie roumaine Teodor baconschi sur les grands enjeux de son pays.

Euronews:

La Roumanie ne fait pas partie de l’Eurozone, votre pays ressent-il les effets de la crise?

Teodor Baconschi:

Certainement. Il y a un impact négatif – une contraction du PIB, une baisse de la production industrielle durant ces derniers deux années, mais grâce aux mesures adoptées par le présent gouvernement à Bucarest nous avons stabilisé d’un point de vue macro-économique la situation. L’inflation est sous contrôle, il y a déjà une certitude qu’on a une modeste croissance cette année et avec une perspective plus optimiste pour l’année prochaine.

Euronews:

Selon vous, la crise change-t elle les relations entre les membres de l’Eurozone et les autres membres de l’Union européenne?

Teodor Baconschi:

Le risque de voir se dessiner une Europe à deux vitesse – Eurozone, noyau dur et périphérie – est assez important et nous sommes concernés. Donc on a besoin de ne pas fracturer l’Europe sur la frontière imaginaire de la zone de l’Euro. Et on a besoin de solidarité, de politique de cohésion, qui puisse réduire le décalage entre les nouveaux membres pour aboutir à la convergence et aussi d’une politique d‘élargissement qui ne cesse pas.

Euronews:

Quels sont les obstacles apparus dans les derniers mois qui empêchent votre pays de rejoindre l’espace Schengen?

Teodor Baconschi:

A l’exception de deux pays tout le monde est favorable à cet enlargissement. Nous avons et nous continuons à travailler avec les deux sceptiques qui sont toujours en course de les persuader que tous nos arguments sont solides, qu’on agit en état responsable, qu’on a la capacité technique et la volonté politique de bien nous garder tout en gardant les frontières communes de l’Union.

Euronews:

Quand la Roumanie espère-t elle rejoindre l’espace Schengen?

Teodor Baconschi:

Nous espérons qu’on va sortir de l’impasse l’année prochaine.

Euronews:

Comment décririez-vous le rôle de votre pays dans le nouveau contexte géo-politique? La Roumanie a- t elle un rôle à jouer?

Teodor Baconschi:

Etant donné les dimensions du territoire, les ressources du pays et sa situation géopolitique, je pense que la Roumanie a effectivement vocation à encrer l’Europe à l’Est, toutefois à garantir la stabilité des pays candidats, des pays associés à l’Union Européenne, et avec notre voisinage oriental.

Euronews:

Quelles sont les relations de la Roumanie avec la Russie?

Teodor Baconschi:

Je dirais qu’elles s’améliorent. Il y a une ouverture des deux cotés, une responsabilité aussi qui n’est pas seulement circonstancielle, nous avons eu dans le temps des bonnes relations, il n’y a pas eu que des disputes. Donc, il faut envisager d’une façon responsable, sur une base d’intérêts mutuels, un avenir commun dans la région.

Euronews:

Que pensez-vous du Printemps arabe?

Teodor Baconschi:

C’est un phénomène historique, comparable, dans des certaines limites avec ce que c’est passé à l’Est avec la chute du bloc communiste. C’est une aspiration formidable vers la liberté, fondamentalement, je pense que l’UE doit s’activer, s’impliquer beaucoup plus. Au lendemain de ces révolutions, nous avons vu le cas heureux de la Tunisie qui est passée par des élections à peu près impeccables et qui a la vocation de construire une démocratie fonctionnelle.

Euronews:

Quelles sont vos priorités en matière de politique étrangère?

Teodor Baconschi

Nous avons des priorités stables, une vivacité essentielle de la liaison transatlantique, donc dialogue aussi entre la UE et l’OTAN, partenariat stratégique avec les USA, le moins de problèmes possibles avec nos voisins, un rôle constructif, positif de projection des valeurs démocratiques dans le voisinage oriental de l’UE. Un rôle très actif dans la pensée et dans l’action concernant la sécurité énergétique du continent, on a aussi cette ouverture vers la Mer Noire. Et nous avons conçu, poussé dans l’action cette stratégie de l’UE pour la région du Danube, qui fut à l’origine une initiative entre l’Autriche et la Roumanie et qui va dessiner en fin de compte, une macro région économique en Europe Centrale qui extrêmement important pour l‘équilibre entre les nouveaux membres et les fondateurs.