DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

L'Azerbaïdjan, une mosaïque culturelle typique du Caucase

Vous lisez:

L'Azerbaïdjan, une mosaïque culturelle typique du Caucase

Taille du texte Aa Aa

Le Caucase est une authentique mosaïque de peuples et de religions. Musulmans, juifs, chrétiens orthodoxes, vivent côte à côte dans cette vaste région de montagnes, qui s‘étend sur plusieurs pays, dont l’Azerbaïdjan.

La capitale, Bakou, accueille le Forum mondial sur le dialogue interculturel, placé, cette année, sous le thème ‘‘vivre ensemble en paix dans un monde diversifié’‘. Leaders d’opinions et responsables religieux sont amenés à réfléchir sur les problèmes liés à la coexistence des cultures.

‘‘La mondialisation a entraîné des tensions’‘, explique le révérend Alistair Macdonald Radcliff, de l‘Église anglicane. ‘‘L’homogénéisation de la culture mondiale est perçue comme une menace par certaines populations locales qui craignent pour leurs identités. La question qui se pose est : comment conserver l’authenticité de son identité dans un contexte plus global?’‘

Le Caucase abrite encore des communautés qui ont réussi à conserver cette authenticité. Nous sommes à Khinalig, la plus haute ville d’Azerbaïdjan, située à 2300 mètres d’altitude. Les habitants, des musulmans sunnites, y parlent une langue unique, le ‘‘kettish’‘, et quelques mots d’azéri. Préserver l’identité locale, est ici une priorité. ‘‘C’est important, aussi bien pour nous, que pour le pays, de préserver l’histoire, la culture, et la langue de cette ethnie spécifique, car nos ancêtres ont vécu sur cette terre il y a 6000 ans. C’est très important de montrer au monde entier que de petites minorités continuent de vivre ici’‘, souligne un habitant de Khinalig.

Khinalig est située dans la région de Quba, dans le nord de l’Azerbaïdjan, un endroit particulièrement prisé des randonneurs. Les habitants louent d’ailleurs des chambres aux étrangers qui s’aventurent dans la montagne.

Nous quittons Khinalig pour la ville de Quba et son quartier juif, Qirmisi Qasaba. Les habitants y parlent le Juhury, une langue composée à la fois de farsi, d’hébreu et de turc. Selon les sources historiques, la première implantation juive dans les montagnes azerbaïdjanaises remonterait à 500 av. j-c. Plusieurs siècles plus tard, ils se sont installés dans la ville de Quba, où ils ont appris à cohabiter avec les musulmans. Dans cette partie du Caucase, on semble bien loin du conflit au Proche-Orient. ‘‘Nous avons les mêmes origines. Les musulmans, les juifs, sont les branches d’un seul et même arbre. Et ici, tout le monde le comprend’‘, souligne le rabbin Elazar Nisimov.

Le leader de la communauté juive de Quba, Boris Simanduev, est en contact permanent avec l’imam de la mosquée locale. Si les deux religions ne se mélangent pas vraiment, elle coexistent sans aucune tension. ‘‘J’ai commencé à officier ici comme imam en 1995. Depuis, je contribue, avec le responsable de la communauté juive, à améliorer les relations entre les deux religions’‘, souligne l’imam Haci Naib. De son côté, Boris Simanduev explique qu’il y a peu de mariages entre juifs et musulmans. ‘‘C’est un pourcentage très faible. Mais les mariages mixtes existent.’‘

Le Forum mondial sur le dialogue interculturel entend délivrer un message de tolérance. Malgré les innombrables conflits ethniques et religieux, que connaît le monde depuis des millénaires, la coexistence culturelle n’est pas une utopie, et doit demeurer au cœur des priorités. C’est d’ailleurs l’objectif du Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations, adopté en 2001, par l’Assemblée générale des Nations Unies.