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Présidentielle en Iran : la revanche des réformateurs ?


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Présidentielle en Iran : la revanche des réformateurs ?

L’heure de la revanche a-t-elle sonné pour les réformateurs iraniens?

Unis derrière Hassan Rohani, leur candidat unique, ils se présentent en tout cas en force à la présidentielle de ce vendredi. Ce religieux de 64 ans, ancien négociateur en chef sur les questions nucléaires, a reçu le soutien de poids de deux ex-présidents : le modéré Rafsanjani et le réformateur Khatami.

Face à lui, un camp conservateur divisé, avec trois candidats : Saïd Jalili, représentant direct du guide suprême Ali Khamenei, autre négociateur sur l’enrichissement d’uranium, connu pour son refus de toute concession aux grandes puissances occidentales.

En lice également, le maire conservateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui veut négocier avec les Occidentaux, en vue d’une levée des sanctions internationales.

Le troisième candidat conservateur n’est autre que Ali Akbar Velayati, qui met en avant ses 16 années d’expérience à la tête de la diplomatie pour faire retomber la pression sur Téhéran.

Face à ces voix discordantes, le candidat réformateur semble avoir une chance solide d‘être au second tour.

Parmi les 50 millions et demi d‘électeurs cependant, beaucoup redoutent que leur voix ne compte pas.

L’interview : “de grosses surprises possibles” selon Sadegh Zibakalam

Le compte à rebours pour les élections présidentielles a commencé en Iran, qui va remplacer Mahmoud Ahmadinejad après huit ans de pouvoir? Nous rejoignons Sadegh Zibakalam, professeur à l’université de Téhéran pour connaître les derniers développements concernant les élections.

euronews :
M. Zibakalam, alors des précédentes élections, le peuple iranien, le régime également ont montré qu’ils peuvent surprendre le monde. Cette fois-ci, tout s’est passé dans la discrétion, peut-on s’attendre à une surprise concernant la participation, ou les résultats?

Sadegh Zibakalam:
Je pense que même à ce stade, nous pouvons dire que nous assistons à des développements très très surprenants. Les plus grosses surprises qui se profilent, c’est le niveau de participation qui pourrait être très élevé. Autre surprise que nous avons eu, c’est le silence de M. Ahmadinejad, beaucoup de gens pensaient qu’il allait prendre des mesures à la suite à la disqualification de son candidat favori, M. Rahim Mashaee.

euronews:
Ce silence va-t-il durer?

Sadegh Zibakalam:
Si l‘élection va au second tour, je ne pense pas qu’il restera silencieux. Je pense qu’au deuxième tour, il soutiendra le candidat conservateur, quel qu’il soit.

euronews:
Avec le retrait du candidat réformiste M.Rez Aref, il semble que les modérés et les réformistes ont au moins montré qu’ils peuvent former une coalition, ce que n’ont pas fait les conservateurs. Les conservateurs sentent-ils le danger, alors qu’ils ont plusieurs candidats en compétition?

Sadegh Zibakalam:
C’est exactement le cas, certaines personnalités dans les rangs des conservateurs se sont mis à critiquer leur camp très sérieusement. Ils se demandent : pourquoi mobilise t-on autant de partisans alors qu’on ne pourrait que se concentrer sur un seul candidat en lice? C’est une critique que l’ont entend de plus en plus maintenant dans les rangs conservateurs, surtout après l’accord des réformistes sur le retrait de M. Aref de la course, au bénéfice de M. Rohani..

euronews:
Toutes ces dernières semaines, on s’est demandé qui était le candidat favori du Chef suprême, quel est votre avis?

Sadegh Zibakalam:
Contrairement aux précédentes élections il y a quatre ans, et huit ans, on ne sait pas quel candidat est le favori du Chef suprême. Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas M. Rohani, et ça ne pouvait pas être M. Aref. En revanche, personne ne peut vraiment dire quel candidat conservateur est son favori.

euronews:
Washington a dit que l’Amérique ne soutient aucun candidat en particulier mais, au-delà des déclarations diplomatiques, l’Occident et les États-Unis ont-ils un candidat préféré?

Sadegh Zibakalam:
C’est certain, l’Occident, les Etats-Unis, le groupe 5 +1, et même dans le monde arabe, y compris nos voisins dans le Golfe persique, ne peuvent être indifférents à ces élections. Parce que, si ce sont les conservateurs et, plus particulièrement les plus radicaux des conservateurs qui remportent les élections, la situation va continuer comme durant ces huit dernières années. Je crois que, tout comme les Iraniens, ces pays suivent les élections en Iran avec beaucoup d’attention, même s’ils font semblant d‘être indifférents et montrent peu d’intérêt.

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