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Les suédoises se voilent après l’agression d’une musulmane


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Les suédoises se voilent après l’agression d’une musulmane

Des femmes suédoises se voilent pour protester contre l’agression d’une femme enceinte parce qu’elle portait le hidjab.
Un homme a, le 16 août, attaqué une mère de famille dans une banlieue de Stockholm. Après lui avoir arraché son voile, il lui a attrapé la tête par les cheveux et l’a violemment cognée contre une voiture tout en criant « les gens comme toi ne devraient pas être là ». La victime a perdu connaissance.

Cinq militants des droits de l’homme s’emparent de cette affaire et publient deux jours plus tard dans le journal Aftonbladet une tribune pour le respect de la liberté religieuse : « Ils appellent cela de l’islamophobie et disent qu’elle trouve ses racines dans la peur […] Nous ne croyons pas en cette soit-disant peur, mais nous croyons qu’il est grand temps d’appeler un chat un chat : il s’agit d’un crime à caractère haineux. » Ils lancent alors un appel à manifester pour le respect du hidjab (hijab upprop : littéralement « appel pour le hidjab ») invitant toutes les femmes suédoises, croyantes ou non, à se voiler le matin du 19 août pour inciter au débat dans leur entourage, au travail.

L’appel est alors relayé sur les réseaux sociaux par d’autres militantes féministes musulmanes ou non. Sur Twitter, le hashtag #hijabuppropet (appel à l’action pour le hidjab) est lancé le même jour par la chroniqueuse Nabila Abdul Fattah, cosignatrice de la tribune du Aftonbladet. Un compte Twitter est créé, ainsi qu’un événement sur Facebook. Les photos de femmes et d’hommes voilés y affluent. Certaines de personnalités politiques ou médiatiques.

Veronica Palm – Deputée sociale-démocrate

Asa Romson – Porte-parole des Verts

Gina Dirawi – présentatrice de television

Carolina Farraj – feministisktperspektiv.se

Des citoyens ordinaires

Beatrice Ask, ministre de la Justice, a reçu les organisateurs de la manifestation mais a refusé de porter le voile. Cette manifestation pour la liberté de culte intervient alors que la Suède a connu d’importantes émeutes au mois de mai qui ont relancé le débat sur l’immigration et l’intégration dans le pays. Ce mouvement de colère s’inscrit donc dans ce contexte social tendu mais pas uniquement.

Nombre de participantes y ont vu une atteinte aux droits des femmes de s’habiller comme elles le souhaitent et une preuve de plus de la violence faite aux femmes. C’est pour cette raison que certaines ont, certes condamné l’agression, mais refusé de porter le voile.
Ainsi la journaliste Heidi Avellan refuse de cautionner l’une des demandes des manifestants à savoir la normalisation du hidjab. Après avoir rappelé que le droit de porter le voile vaut d’être défendu car il s’agit d’un choix privé, elle explique que le voile est « un symbole ancien de l’oppression des femmes. Il a été utilisé au prétexte de la chasteté des femmes et de la défense de leur honneur, alors que le fond du problème est le désir sexuel. Que les femmes choisissent de porter le voile ne change rien à cet état de fait. »

Qu’elle est été raciste, islamophobe ou misogyne, cette agression a provoqué en Suède des lignes de fracture sur ces trois fronts.

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