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Le pape François livre sa vision de l’Eglise

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Le pape François livre sa vision de l’Eglise

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Le pape François a appelé ce mardi à une réforme tous azimuts et à une revitalisation de l’Eglise pour qu’elle soit collégiale et défende les pauvres, tout en restant intraitable sur des thèmes comme l’ordination des femmes.

Dans ce texte de 160 pages, “Evangelii Gaudium” (“La joie de l’Evangile”), premier document d’importance entièrement écrit de sa main.
Il consacre de longs passages à une vive critique du système économique mondial, condamnant un “marché divinisé” ou la “spéculation, nouvelle tyrannie invisible”.

Dans l’Eglise, François souhaite des changements et en tire la conclusion pour lui: “je dois penser à une conversion de la papauté. Il me revient de rester ouvert aux suggestions orientées vers un exercice de mon ministère”. Un ton humble pour le chef d’une Eglise d’1,2 milliard de fidèles.

Reprenant une idée du Concile Vatican II (1962-65), il plaide pour plus de collégialité, en donnant plus d’autorité aux conférences des évêques, “y compris doctrinale”.
“Je ne crois pas qu’on doive attendre du magistère papal une parole définitive ou complète sur toutes les questions”, remarque-t-il, répétant qu’il préfère le risque d’une “Eglise accidentée” à une Eglise “enfermée”. François avoue que les “guerres” entre factions libérales et conservatrices lui font “très mal”.

Il met en avant aussi la relativité de la faute en fonction des facteurs personnels. Et semble recommander que l’Eglise réfléchisse à un accès plus souple aux sacrements : baptême pour les enfants de mères célibataires, communion pour les divorcés par exemple.

François consacre de très larges passages à l’obligation des fidèles et des prêtres d’aller vers les pauvres, à la piété populaire.

“Tant que ne s‘éliminent pas l’exclusion sociale et la disparité sociale, dans la société et entre les divers peuples, il sera impossible d‘éradiquer la violence. On accuse les pauvres (…) de la violence, mais, sans égalité de chances, les différentes formes d’agression et de guerre trouveront un terrain fertile qui tôt ou tard provoquera l’explosion”, prévient-il.

Il dénonce la traite des êtres humains prostitution, travail des enfants, réseaux d’immigration clandestine et leurs complices: “beaucoup ont les mains qui ruissellent de sang à cause d’une complicité confortable et muette”.

En revanche, pas d’ouverture sur l’ordination des femmes “le sacerdoce réservé aux hommes est une question qui ne se discute pas”, tranche-t-il même s’il veut confier des responsabilités aux femmes.

De même, “on ne doit pas s’attendre à ce que l’Eglise change de position” sur la défense des enfants à naître, “auxquels on veut nier aujourd’hui la dignité humaine”, dit François.

Dans le document, des questions ont fait les “unes” sur l’Eglise ces dernières années, sont introuvables: pédophilie, sexualité, homosexualité, contraception, préservatif.
Le pape argentin n’aime pas culpabiliser en évoquant les thèmes de la sexualité, et polariser les enjeux de l’Eglise sur ces seuls thèmes.

François évoque comme essentiel le dialogue avec les autres religions et les non croyants. Il “implore humblement” les pays musulmans d’assurer la liberté religieuse aux chrétiens, “prenant en compte la liberté dont les croyants de l’islam jouissent dans les pays occidentaux”.

AFP