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L'Italie sans Berlusconi, serait-ce enfin possible ?

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L'Italie sans Berlusconi, serait-ce enfin possible ?

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Silvio Berlusconi est sorti du parlement, mais pas de la politique… le “Cavaliere” n’en a en tous cas aucunement l’intention, même après l’expulsion hier de l’ancien chef du gouvernement italien du Sénat.

“Rendez-vous dans les urnes”, a prévenu Silvio Berlusconi, référence aux européennes de mai 2014… Mais beaucoup d’Italiens ont d’autres préoccupations.

“Ce serait une bonne chose si ce gouvernement continuait d’essayer de résoudre les problèmes de ce pays, déclare ainsi cet homme. C’est de ça dont nous avons besoin. J’espère qu’il ne va pas y avoir de nouvelles élections, car nous aurions le même problème”.

Un autre :
“Je m’attends à une période d’incertitude, c’est sûr. Mais je ne pense pas que ce sera la fin du monde”.

L’instabilité politique chronique au parlement italien n’a apparemment pas ébranlé les fondations de la coalition gauche-droite au pouvoir. Selon le Premier ministre Enrico Letta, celle-ci est même désormais plus soudée. Elle a toujours, en tous cas, sa majorité parlementaire.

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Quelles conséquences tirer de l’expulsion du parlement de Silvio Berlusconi ? Le Cavaliere est-il maintenant complètement hors-jeu ? Et qu’en est-il de son parti Forza Italia ?

Nous avons joint en Italie Stefano Fólli, rédacteur en chef du quotidien Sole 24 Ore :

Euronews :
Dans votre édito de ce jeudi vous avez écrit que l‘ère Berlusconi aurait du s’achever de manière politique, c’est à dire par une élection. Est-ce que ça signifie que personne ne peut considérer son expulsion comme une victoire ?

Stefano Fólli :
Ce n’est une victoire pour personne. C’est la fin d’un malentendu. Berlusconi ces dernières années est devenu une sorte de malentendu à cause de ses conflits d’intérêts et ses procès. Le fait qu’il ait été vaincu, mais pas de façon politique, dans une élection, n’est pas bon pour la démocratie.

Euronews :
Quel genre de rôle Berlusconi peut-il jouer en politique à présent ?

Stefano Fólli :
Je crois qu’en dehors du parlement il ne pourra jouer aucun rôle majeur. Il peut faire du bruit, agiter ses nombreux partisans, mais il ne peut sûrement devenir une force “anti-système” plus forte que celle de l’opposition.

Euronews :
La stabilité du gouvernement Letta est-elle en danger ? Voyez-vous l‘éventualité d‘élections anticipées ?

Stefano Fólli :
Non, je ne vois pas de risque d‘élections anticipées. Je pense que le gouvernement va tirer profit de sa majorité actuelle. Je veux dire utiliser cette cohésion pour répondre aux problèmes de ce pays, réaliser enfin les réformes importantes promises et toujours reportées.

Euronews :
Au niveau international pour l’image de l’Italie, quelles sont les conséquences de l‘éviction de Silvio Berlusconi ?

Stefano Fólli :
Berlusconi était un dirigeant trop controversé à l’international, donc je crois qu’il existe une préférence générale à avoir un autre interlocuteur que Berlusconi.