DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

L'Europe échoue à convaincre Kiev de signer l'accord d'Association


Insight

L'Europe échoue à convaincre Kiev de signer l'accord d'Association

Inflexible le president ukrainien s’est bien rendu à Vilnius pour dire non.
L’Europe a échoué à convaincre Kiev de signer un accord historique, le plus ambitieux que l’Union n’ait jamais offert a un pays non-membre selon Herman van Rompuy.

Van Rompuy, Barroso, Ianoukovitch
La veille du sommet (jeudi) Ianoukovitch négociait encore. Il a détaillé les soucis économiques que connaît actuellement l’Ukraine. Kiev doit trouver 12,5 milliards d’euros dans les prochains 18 mois pour rembourser sa dette et payer les factures du gaz russe.
Le president ukrainien a demandé une aide économique en échange d’un rapprochement avec l’Union européenne.
Auparavant il avait considéré “humilliant” l’aide de 600 millions d’euros proposée par les 28.

Mais pour les européens il n’est pas question de payer pour que Kiev signe l’accord d’Association. Pour le président du conseil européen Herman van Rompuy, il reste néanmoins difficile de fermer définitivement la porte à un pays de 46 millions d’habitants. “Nous serons prêt à signer avec l’Ukraine quand les critères définis par l’Union européenne seront atteints, et nous en sommes très proche”, dit-il. Et d’ajouter : “Nous ne pouvons pas rater ce rendez-vous avec l’Histoire. Nous devons mettre de côté les considérations à court terme et nous devons surmonter les pressions venant de l‘étranger .”

Mais ce refus de Kiev a brisé l‘élan, et il pourrait se passer de longs mois, voire des années avant que quelque chose de concret ne se mette en place.
Le partenariat oriental se heurte à l’influence de la Russie de Vladimir Poutine, qui a deja reussi a attirer l’Aménie dans son projet d’Union douanière.

Natalia Marshalkovitch, euronews :
Nous rejoint maintenant en duplex depuis Moscou, la politologue Tamara Gouzenkova, directrice adjointe de l’Institut russe des études stratégiques, spécialiste des problèmes liés aux ex-pays de l’Union soviétique. Pourquoi la Russie est-elle tellement contre l’accord d’Association entre l’Ukraine et l’Union européenne ?

Tamara Gouzenkova, politologue :
Il est important de comprendre que la Russie n’est pas contre cet accord d’Association entre l’UKraine et l’Union européenne. La complexité de cette question réside ailleurs.
Comment peuvent se construire des relations entre un Etat qui souhaite intégrer une Union mais qui en même temps à des liens de coopération économique assez étroits avec un pays qui lui ne s’intègre pas à l’Union européenne.

Bien sûr l’Ukraine qui se trouve dans une position complexe d’un point de vue financier et économique, souhaiterait bénéficier des faveurs des deux parties.
Mais c’est impossible parce que la zone d‘échange libre européenne et la zone libre de l’Union douanière sont des unions totalement différentes.
Chacune à ses règles, ses exigences et ses standards.
Et c’est pourquoi si l’Ukraine veut intègrer l’une de ces unions elle doit faire un choix. Et attention ce n’est pas une exigence de la part de l’Union douanière. Ce sont bien les européens qui ont posé ces conditions les premiers.

Alors peut-être que l’Ukraine doit s’arrêter pendant quelque temps et réfléchir sérieusement à comment établir des relations avec l’est et l’ouest en même temps. Songer à comment peuvent tomber d’accord l’Ukraine, l’Union européenne et l’Union douanière.

Natalia Marshalkovitch, euronews :
Vous venez d‘évoquer des relations tripartites. A votre avis est-ce vraiment possible ? De part sa position géographique, l’Ukraine reste une pomme de discorde entre l’est et l’ouest, entre Moscou et Bruxelles. Alors que peut-il se passer ?

Tamara Gouzenkova, politologue :
Je pense que les Européens et les Russes doivent tout faire pour que l’Ukraine ne soit pas une pomme de discorde et pour qu’elle entre doucement dans ces processus globaux complexes que sont actuellement les relations entre l’Est et l’Ouest, entre la Russie et l’Union européenne.
Je pense que dans cette histoire, les autorités ukrainiennes étaient peut-être un peu trop pressées.
Elles ne se sont pas assez renseignées sur les avantages et les désavantages d’un telle décision. A mon avis, les Européens eux-aussi ont essayé d’attirer l’Ukraine dans leur jardin. Mais ils n’ont pas suffisament réfléchi au fait que l’Ukraine est très étroitement lié au marché douanier d’eurasie. Ou plus simplement ils ne voulaient pas le voir.

Maintenant il faut faire une pause et calmement, sans émotion et sans les reproches mutuels qui sont fait –comme le relaient les médias européens et russes–, il faut discuter calmement de ce problème et trouver un moment pour s’asseoir, négocier et réfléchir ensemble à comment faire pour que l’Ukraine, qui est un très grand pays, ne fasse pas banqueroute, et pour qu’elle puisse choisir la meilleure voie vers son développement géopolitique et économique.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

Insight

L'Italie sans Berlusconi, serait-ce enfin possible ?