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Turquie : une crise politique qui prend de l'ampleur


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Turquie : une crise politique qui prend de l'ampleur

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan fait face à la contestation de la rue, des membres de son parti et l’armée ne veulent pas s’impliquer dans cette crise politique de grande ampleur.
Une opération anticorruption, dévastatrice pour l‘élite islamo-conservatrice du pays, est engagée depuis huit jours par la justice turque.
Mercredi, trois ministres, mis en cause dans ce retentissant scandale politico-financier démissionnent, Recep Tayyip Erdogan est contraint de remanier son gouvernement.
Suite à cela, des manifestations dans les grandes villes de Turquie éclatent pour demander la démission d’Erdogan.

Le correspondant d’Euronews à Istanbul a interrogé Talip Kucukcan (Professeur à l’Université de Marmara) sur les récents évènements qui ont secoué la vie politique Turque et plus particulièrement le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Comment analysez-vous les récents scandales de corruption qui éclaboussent le gouvernement?

“Lorsque l’on regarde l‘évolution récente de la Turquie en particulier ce qui est lié aux enquêtes sur la corruption, il y a deux dimensions. Tout d’abord, le parti au pouvoir a tellement grandi ces onze dernières années, qu’il ne peut pas contrôler tous ceux qui l’ont rejoint. Ce n’est pas possible de contrôler le comportement de chacun. Même s’il y a des soupçons sur des affaires de corruption.
Le deuxième point est en rapport aux enquêtes, et dans quel laps de temps elles sont menées.
Dans certaines enquêtes, il y a des indices qui montrent qu’il y a bien corruption . Et le gouvernement devrait s’intéresser aux personnes concernées. Mais ces affaires prennent tant d’ampleur dans la vie politique turque, et cela juste avant les élections municipales. Cela crée un malaise au sein du gouvernement.

Erdogan parle de complots venant de l‘étranger, comment cette situation pourrait avoir un impact sur les relations entre la Turquie et le reste du monde?

“Il y a un progrès relatif de la Turquie en matière de politique étrangère, en particulier avec son ouverture officielle au monde extérieur, sa politique étrangère multidimensionnelle dans le Caucause, les Balkans et au Moyen-Orient, malgré tout la Turquie est régulièrement critiquée par l’Europe et par l’Occident .
Afin de surmonter ces critiques la Turquie a essayé d’améliorer ses relations avec l’UE. Mais en dépit des réformes réalisées dans son système judiciaire, l’harmonisation de sa législation avec les normes européennes, certains pays d’ Europe continue de critiquer la Turquie en raison de son gouvernement, cela est due en partie à son appartenance au monde musulman, qui aurait aliéné la Turquie culturellement. Ils disent que la Turquie ne fait pas partie du monde occidental. »

Les investisseurs étrangers sont réticents par rapport à la situation en Turquie, pensez-vous que cela peut avoir un impact sur la Turquie et la région?

“Il y a une stabilité économique et politique depuis 11 ans en Turquie. Tout le monde y a gagné. C’est une situation gagnant/gagnant. La stabilité a également joué un rôle important pour la démocratisation du pays, pour la question kurde et pour la situation des Alaouites. Une partie du gouvernement a mis en place les réformes de l’UE et a commencé à traiter de la question kurde qui est importante pour la sécurité régionale Si la stabilité se dégrade en Turquie:
Un, les milieux d’affaires vont y perdre,
Deux, d’autres questions peuvent surgir ce qui nuirait à la paix intérieure de la Turquie et la stabilité régionale “.

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