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Un milliardaire iranien tombe pour corruption

Voilà une arrestation qui semble répondre aux vœux du président Hassan Rohani lorsqu’il exhorte son gouvernement à lutter contre la corruption et identifier ceux qui auraient tiré profit des sanctions économiques pour s’enrichir. L’influent businessman et milliardaire iranien Babak Zanjani a été interpellé à Téhéran. Il est incarcéré et ne peut désormais plus quitter le pays.

Il lui est reproché d’avoir utilisé depuis 2010 un réseau de plus de 60 sociétés basées aux Emirats arabes unis, en Turquie et en Malaisie pour vendre des millions de barils de pétrole au nom du gouvernement, et ce en générant des milliards de dollars de chiffre d’affaire. Mais qu’a-t-il fait de tout ou partie de cet argent ? La question taraude les autorités iraniennes qui lui reprochent de ne pas avoir restitué des milliards de dollars. Ce que l’intéressé dément.

Président du groupe Sorinet, un véritable empire présent dans des secteurs tels que les cosmétiques, l’agro-alimentaire, le pétrole et l’aéronautique, Babak Zanjani faisait l’objet de sanctions européennes et américaines. Il était considéré comme un acteur clé du contournement des sanctions économiques imposées à l’Iran pour son programme nucléaire controversé.

En avril dernier, Babak Zanjani effectuait une entrée fracassante sur la liste noire du département du Trésor qui voyait en lui le cerveau d’un réseau jouant pétrole contre argent via une société suisse et une banque de Malaisie. Les autorités financières américaines avaient sanctionné sa nébuleuse de sociétés.
Quatre mois plus tôt, l’Union européenne inaugurait cette mise à l’index en qualifiant le magnat d“intermédiaire essentiel dans les contrats pétroliers iraniens”.

Reste que le contexte actuel à Téhéran permet de mieux appréhender cette péripétie judiciaire.

Depuis l‘élection en juin dernier du président Hassan Rohani, l’Iran s’est engagé dans un processus de rapprochement avec les Etats-Unis et les pays européens. La signature le 24 novembre d’un accord provisoire sur le programme nucléaire de la République islamique en a, pour les observateurs, écrit le préambule. Et Babak Zanjani n’a plus droit au chapitre.

Crédit photo : ISNA

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