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Une bactérie inconnue en cause dans les décès de trois nouveaux-nés en France


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Une bactérie inconnue en cause dans les décès de trois nouveaux-nés en France

La bactérie qui a contaminé les poches alimentaires de trois nourrissons décédés à Chambéry, en Savoie début décembre, est inconnue. « Il s’agit d’une nouvelle bactérie, de la grande famille des entérobactéries, d’origine environnementale (c’est-à-dire qu’on peut trouver dans le sol, l’air ou l’eau) et qui donc n’a pas encore de nom », a expliqué le professeur Jean-Claude Manuguerra, de l’Institut Pasteur, qui a procédé à son identification. Elle serait proche d’Ewingella et de Rahnella, deux bactéries déjà rares.

L’Institut Pasteur a été sollicité par le ministère de la Santé, précisément en raison de la rareté de cette bactérie, « les autres laboratoires s‘étant avérés non compétents pour l’identifier ». L’institut a travaillé sur dix poches produites le même jour que celles données aux nourrissons à Chambéry. Six étaient contaminées dont trois présumées intègres (c’est-à-dire fermées), ce qui, dans la recherche des causes, réduit les possibilités de contamination.
Ces bactéries sont de plus, « rarement retrouvées dans les cas d’infections en milieu hospitalier, évoquant une origine environnementale (eau, sol…) ». Une chose est sûre : cette bactérie « dégage des toxines pouvant être assez foudroyantes, encore plus chez des nourrissons » a précisé le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, saisi de l’affaire. Elle est capable de se développer dans des milieux difficiles, à température basse et avec peu de minéraux et peut survivre dans la terre ou l’eau.

Dans une lettre diffusée mardi par le journal Libération, le Dr Michel Deiber, chef du service de néonatologie a estimé que la contamination par ce « bacille » était « la cause probable » des trois décès de bébés survenus dans son service « dans des circonstances identiques à savoir un tableau de choc septique très brutal conduisant au décès en quelques heures malgré les manœuvres de réanimation sur place ». Un quatrième nourrisson qui présentait des symptômes identiques a pu être sauvé in extremis.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a demandé la mise en quarantaine des poches encore stockées dans les hôpitaux et les locaux du laboratoire français Marette qui les produit ainsi que la suspension de l’activité du laboratoire.

Elle a de plus, lancé une inspection du site de production ainsi que du centre hospitalier de Chambéry, indiquant lors d’une conférence de presse que « l’ensemble de la chaîne fait l’objet d’investigations approfondies (notamment fournisseurs de matières premières, production de la poche, contrôle biologique du produit, transport vers les hôpitaux, stockage). »

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