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La Grèce à la barre d'une Europe qui entame une année décisive


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La Grèce à la barre d'une Europe qui entame une année décisive

La Commission européenne au grand complet faisant le déplacement à Athènes. L’image a quelque chose de jubilatoire pour les Grecs. Car le hasard du calendrier a voulu que ce soit ce pays – symbole de la crise et du traitement de choc administré aux malades – qui prenne la présidence de l’Union européenne pour les six prochains mois.

Ses priorités : lutte contre le chômage, relance de la croissance, politique maritime et politique migratoire.
Pour le gouvernement d’Antonis Samaras, l’occasion ou jamais de prouver que le pays a les épaules assez large pour porter les dossiers européens. L’ironie, c’est que durant ces six mois, Athènes va aussi devoir négocier une réduction de sa dette, qui reste insoutenable. Cette présidence et les défis européens qui s’annoncent cette année, nous en avons parlé avec Jan Techau, le directeur du centre de réflexion Carnegie Europe.

Rudolf Herbert, euronews :
“ La Grèce préside l’Union européenne pour six mois. Que doit-on faire maintenant ? Mettre de l’argent de côté ou s’endetter de façon inconsidérée, comme l’a fait la Grèce ? “

Jan Techau :
“ Nous devons tous économiser en Europe car ces trois, quatre dernières décennies, nous avons systématiquement vécu au-dessus de nos moyens, et on le paie encore, ça c’est clair.
La crise de l’euro est en partie une crise de la dette mais pas seulement et la question est : comment pouvons-nous réduire nos dettes et ce sans totalement étouffer l‘économie, et en même temps faire en sorte que les responsables politiques mènent les réformes nécessaires pour rendre nos pays plus compétitifs et pour créer à nouveau des emplois. “

euronews :
“ La Chancelière allemande Angela Merkel veut contractualiser les réformes pour rendre plus compétitive l’Union européenne… “

Jan Techau :
“ C’est typiquement allemand de croire que si l’on codifie quelque chose, si on le rend contractuel, si on le réglemente, alors automatiquement il y aura un effet politique. Mais dans les faits, en ce qui concerne les réformes politiques et économiques, les États membres se sont déjà engagés dans de nombreux documents à les faire, et souvent ils n’ont pas respecté leurs obligations. “

euronews :
“ Comment faire en sorte que la zone euro agisse mieux ensemble ? “

Jan Techau :
“ En fin de compte, il s’agit de prendre conscience que tous ont plus à perdre dans cette crise de l’euro s’ils ne coopèrent pas. C’est une sorte d’apprentissage par la douleur. La question est de savoir si on peut encore endurer la douleur pour effectuer dans cette situation de crise ces réformes difficiles, ou si l’Europe – maintenant que cela semble aller un peu mieux – peut relâcher ses efforts. “

euronews :
“ Au mois de mai prochain, ce seront les élections européennes et il est déjà clair que les partis populistes et anti-européens sortiront renforcés. Comment faire pour que les citoyens européens aiment de nouveau l’Europe ? “

Jan Techau :
“ Il y a deux façons de ramener les citoyens à bord : primo, en donnant de la valeur ajoutée à l’Europe, en créant un système qui produise de bonnes choses pour les citoyens. Et je crois que l’Europe a déjà fait beaucoup. L’autre option est de permettre aux citoyens de participer au système politique, c’est à dire de les intégrer en ouvrant un véritable débat politique. Les citoyens d’Europe sentent qu’ils ne font pas partie de ce débat, le citoyen a le sentiment d‘être exclu de la table des discussions, de ne pas participer à la prise de décision. “

euronews :
“ D’accord, mais comment peut-on faire ? “

Jan Techau :
“ Par une réforme politique majeure, révolutionnaire même : organiser les élections au niveau européen, avoir des élections pan-européennes, une véritable élection européenne, pour déterminer quel cours l’Europe doit suivre. “

euronews :
“ En 2014, la Commission européenne
aura un nouveau président, nous aurons aussi un nouveau président du Conseil européen, un nouveau président du Parlement européen et un nouveau chef de la politique étrangère. Est-ce que cela va changer le cours de l’Europe ? “

Jan Techau :
“ Ce ne sont pas seulement les personnes qui vont changer. C’est tout l‘éxécutif européen, des programmes entiers qui vont changer, de nouvelles personnes qui vont apporter de nouvelles priorités. En sélectionnant leur candidat, les Etats membres présentent leur agenda : cela signifie que nous n’aurons pas seulement des changements de personnes, mais fondamentalement l’Europe a l’opportunité en 2014, et ce dans de nombreux domaines – politique budgétaire, économique, politique étrangère – de chercher de nouvelles idées. Il s’agit d’un processus de renouvellement complet, et comme on peut l’espérer, à la fin de ce processus, à la fin de l’année 2014, on aura une équipe dynamique de personnes capables d’apporter un nouveau contenu intéressant, un nouveau départ. C’est ça qui est nécessaire, et de toute urgence. Ce serait un signal donné aux citoyens qui verraient alors que l’Europe évolue et qu’elle peut répondre à la crise. “

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