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Manifestation à Paris un an après l'assassinat de 3 militantes kurdes

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Manifestation à Paris un an après l'assassinat de 3 militantes kurdes

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Alors qu‘à Istanbul des graves affrontements éclataient en occasion de l’anniversaire de l’assassinat des 3 militantes kurdes à Paris, environ deux cents personnes se sont rassemblées jeudi devant le centre d’information du Kurdistan dans la capitale française, là où avaient été assassinées le 9 janvier 2013 les trois militantes.

“Ca fait 365 jours, 365 jours d’attente”, a déploré une militante, Berival Akyol, devant l’immeuble du 10e arrondissement où ont été retrouvées mortes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. Sur le trottoir, de nombreuses couronnes de fleurs jaunes et rouges ont été déposées. “Nous réclamons vérité et justice pour que les commanditaires de ce lâche assassinat soient arrêtés et jugés”, a-t-elle poursuivi, estimant que “toutes les informations pointent la Turquie du doigt”.

“365 jours après, nous attendons toujours la vérité. Trouvez les responsables” proclamait une banderole. Certains brandissaient des portraits des jeunes femmes, d’autres d’Abdullah Öcalan, chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Dans cette affaire, un homme, Ömer Güney, a été arrêté huit jours après l’assassinat des militantes, et mis en examen le 21 janvier pour “assassinats en relation avec une entreprise terroriste”.

Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour expliquer ce triple homicide: règlement de comptes interne au sein de la mouvance kurde dans un contexte d’ouverture de pourparlers de paix entre le PKK et Ankara, acte du mouvement turc d’extrême droite des “Loups Gris”, assassinat politique (thèse privilégiée dans la mouvance kurde), voire crime crapuleux ou différend personnel. Les associations kurdes rassemblées jeudi dénoncent pour leur part un “crime politique”.

“Un an est passé et depuis que la piste du règlement de compte a fait long feu, les voix se sont tues. Tout au plus entend-on côté palais de justice que l’enquête suit son cours et côté ministère de la Justice que c’est une affaire sensible”, a déclaré jeudi Claire Renklicay, co-présidente de la Fédération des associations kurdes de France. Mme Renklicay souhaite “un geste fort du président de la République”: qu’il reçoive les familles des victimes et demande “des comptes au gouvernement turc lors de son prochain voyage en Turquie fin janvier”.
Une manifestation est prévue samedi à Paris.