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Décès de Christophe Midol-Monnet : nos hommages, l'ami


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Décès de Christophe Midol-Monnet : nos hommages, l'ami

Il avait la voix chaude et grave et le sang européen coulait dans ses veines. Lyonnais d’origine, après quelques années parisiennes, c’est en 1992, pour la bonne cause, qu’il revient dans la capitale de la gastronomie – sa deuxième passion – pour épouser la balbutiante première chaîne européenne d’information en continu.

Euronews a perdu cette semaine l’un de ses pères fondateurs. De cette poignée de pionniers débarqués il y a vingt ans des quatre coins de l’Europe – quand elle se comptait encore sur douze doigts et s’appelait C.E.E. -pour bâtir, sujet après sujet, cette belle et noble idée, ce beau rêve : donner aux Européens l’écho d’un monde qui leur ressemble et leur parle.

Christophe Midol-Monnet a disparu brutalement entre son port d’attache et le port d’ancrage de ses passions européennes. Quelque part entre Lyon et Bruxelles. Comme un tour du destin. Ce train qui nous joue un sale tour.


Ricardo Figueira

Avec sa mèche qui tombait obstinément sur les verres de ses lunettes en écaille, ses pochettes en soie dans la poche de sa chemise, ses vestes de gentleman farmer et ses manières de gentleman tout court, Midol, comme nous l’appelions affectueusement, promenait sa silhouette d’amoureux de la vie dans les couloirs de notre tour de Babel. Récitant des vers d’Hugo, citant pêle-mêle Desproges ou Monnet, son célèbre homonyme, qui n’aurait sans doute pas renié cette homonymie s‘il avait eu le plaisir de le connaître.

Midol aimait la vie, le bon vin, les bonnes tables, les bons mots, les mots. Amoureux de la langue française, rigoriste de la syntaxe, il se faisait un malin plaisir à rédiger ses articles comme s’il eut écrit avec une plume à l’ancienne. Avec cette élégance singulière qui habitait chacun de ses gestes. Jusqu‘à l’humour, qu’il avait fin et que ses amis britanniques lui jalousaient parfois.

Midol aimait l’Europe, avec passion, conviction, dévotion. C’est tout naturellement qu’ayant quitté notre “tour”, en 2011, c’est en son sein législatif, là où se décident son présent et son avenir, qu’il est parti promener cette fameuse silhouette qui manquera à nos couloirs. Elle est devenue là-bas, comme en témoignent les hommages rendus, tout aussi familière et amène que chez nous.

Nous aimions Midol. CMM. Christophe. Personnage unique et attachant. Nous l’aimions avec respect. Avec admiration. Nous, les « anciens », les amis de longue date ou d’hier.

Sa disparation laisse un vide au goût amer dans nos cœurs. Mais nos mémoires, comme nos couloirs, resteront imprégnés de son souvenir. Comme une ombre bienveillante sur le rêve et les moments de joie que nous avons partagés.

A son fil tant aimé, Ariane, sa fille : sois fière de ton papa. Ce fut un grand honneur et un grand bonheur de le connaître. Il est de ces amis que l’on n’oubliera pas.

A sa femme et ses proches, tout notre soutien et notre affection.

Sophie Desjardin, responsable du service en langue française

Hommages sur Internet

Voir l’hommage du groupe des Verts du parlement européen.

*Europolitics* Goodbye, Christophe

It is with great sadness that Europolitics has learned of the sudden death of our fellow journalist and friend Christophe Midol-Monnet, aged 52. Armed with a degree from the Institut d’Etudes Politiques in Paris, Christophe was a seasoned, passionate and thoughtful broadcast journalist. He spent a large part of his career at Euronews, in charge of monitoring European affairs, where he cultivated an argumentative approach to presenting European news. We will miss his kindness, sense of humour and sharp perspective on Europe. The entire Europolitics team extends sincere condolences to his wife and daughter at this painful time.

Tes amis et collègues


Etienne Barthomeuf

“Un ami s’en va, l’horloge se fige, silence. Adieu Christophe, ton immense élégance restera gravé dans ma mémoire et merci pour tous ces bons moments partagés. Comme tu vas nous manquer…”
Sylvie Aubrit

“Je me souviendrai toujours de ta joie de vivre, Christophe Midol-Monnet!”
Dulce Dias

“Toujours volontiers” disait-il d’habitude”
Alberto Goytre

“Una volta, mi lamentavo della chiusura della società di quella città sui due fiumi dove ci eravamo arenati, e tu mi hai detto sorridendo: “mais ma chère, à Lyon, l’aristocratie de la soie ne se mele pas avec l’aristrocratie du béton!”. Non so quante dozzine di volte negli anni ti ho citato per spiegare Lione. Eravamo di quel club ristretto degli “anziani” di EuroNews, quelli che hanno conosciuto il fervore, l’entusiasmo dei primi anni. Ti ho rivisto in marzo l’anno scorso per i vent’anni di EuroNews. E’ da ieri sera che sento il ricordo della tua voce nelle orecchie e rivedo i tuoi gesti, come succede con le persone con cui abbiamo lungamente lavorato. Ci siamo ripromessi di vederci a cena “presto”, perché sarei tornata a Lione, o magari a Bruxelles, o magari vieni a Roma. Sapore delle occasioni passate e sprecate. Ti sia lieve la terra, come sapevi essere lieve tu.​”
Alessandra Quattrocchi

“Hoy somos muchos brindando en solitario por Christophe Midol-Monnet, en recuerdo de todas las veces que disfrutamos de su compañía y llorando porque ya no habrá más.”
Elena Bernardo

“La bonne humeur, la gentillese, la bouffe, des brunch dans un hôtel Rue de la Republique après un “shift” de nuit à Euronews. Mais notamment la gentillese. Bon voyage, Christophe” Anna Bosch

“Caro Christophe, ti vedo ancora con il tuo sorriso gentile e i tuoi modi antichi. Il tuo impeccabile jabot e la sigaretta, sempre. Ti rivedo in redazione con il tuo inconfondibile incedere, le discussioni qualche volta. Riascolto i tuoi consigli, di vino e di ristoranti. Ciao Christophe, ottimo collega e uomo perbene. Il tuo ricordo mi resterá caro.”
Nicola Asseta

“Christophe était un grand monsieur d’une finesse, d’une gentillesse et d’une pudeur inouïes, un homme de conviction passionné par et pour la belle aventure européenne. Christophe laisse un grand vide, il était très aimé. Nous ne l’oublierons pas.”
Anne Glemarec

“Une veste, un foulard en soie (forme originale d‘élégance, rare à euronews…)
Une main dans le dos
Une cigarette
Au-delà des détails de l’apparence, il y avait un personnage ô combien sympathique.”
Olivier Peguy

“Christophe, la couverture européenne d’euronews, c’est toi et toi seul qui l’a bâti de zéro. Aujourd’hui, on peut certes s’enorgueillir d’avoir pignon sur rue à Bruxelles, mais c’est ton héritage à toi et toi seul. De même, toi et toi seul avait compris dès le départ que raconter l’Europe, ce n’est pas juste tendre le micro à des bustes parlants. Merci d’avoir tracé la voie, merci aussi de ta confiance.”
Audrey Tilve

“Je garde un très bon souvenir de Christophe, depuis le début d’euronews, nous avons souvent travaillé ensemble en montage, et il a toujours été adorable avec moi, ce fut un vrai plaisir d’avoir monté ensemble les sujets européens.
Je m’associe à votre peine…et à celle de sa famille.”
Marie Perrin

“Christophe
Tu es parti trop tôt ! Mais dans ta courte vie tu as fait une énorme contribution à la construction européenne. Tu étais la quintessence du journaliste européen et un grand européen.”
Matthias Lüfkens

“Christophe m’as donné ma première vraie chance comme jeune journaliste à Euronews. Je vais toujours le remercier pour ça, et maintenant que je travaille de l’autre côté de l’océan, aux Etats Unis, je pense à son intelligence française et sa gentillesse naturelle, qui il avait avec tous, sans distinction, sincèrement et sans effort. He was effortlessly charming. Which is true elegance.”
Anna Bressanin

“Le vi por ultima vez en la reunion de Euronews en 2013 y no habia cambiado nada. Seguia siendo el compañero encantador que conoci al llegar a Euronews a finales de 1992.
Christophe era una bella pesona, querido por todos, respetado por todos. Su alegria de vivir era envidiable y contagiosa! Su presencia calmaba asperezas y aliviaba tensiones.
Su perdida es la de todos.
Me honra haberle conocido, haber compartido con el momentos divertidos e intensos. Me alegra haber aprendido tantas cosas de el, generoso con su sabiduria.
Guardare preciosamente en mi corazon el recuerdo de tan dulce persona.
Con mucho carino,”
Cristina Martinez

“Je n’arrive toujours pas à croire que Christophe ne soit plus parmi nous. Il était un ami et un collègue attachant, d’une infinie gentillesse. Toutes mes sincères condoléances à sa famille, et particulièrement à sa femme et sa fille. Au revoir “Midol”.”
Catherine Gaschka

“Christophe!!! Maestro! Tu as filé à l’anglaise, toi?! Alors que Bruxelles est en pleine ébullition, ça ne te ressemble pas. Euronews avait déjà perdu un fin analyste, et c’est dans l’un de ces innombrables allers-retours Lyon-Bruxelles que tu tires ta révérence? Discrétion et élégance, jusqu’au bout… Bon voyage Christophe.”
Nathalie Minard

“Trouver les mots, les bons… c’est toujours difficile dans ces circonstances…
Surtout pour parler de toi, Christophe, qui les aimais, les mots. Moi qui ai aussi cette affection pour notre belle langue, j’y ai toujours été sensible en t‘écoutant.
T‘écouter parler, avec ta voix reconnaissable entre toutes. Parler sérieux, parler du boulot, de l’Europe, ou bien parler du vin, de la vie…

Tu vas nous manquer, forcément. Mais tu garderas une place bien à part dans nos vies.”
François Lallemant

“Christophe…
Il me revient une conversation dans l’ancien “TGV” sur un projet de reportage en Roumanie sur le groupe Ozone et sa façon de se tenir droit sur les ailes de l’avion… Cette fois, c’est lui qui s’est envolé… Tristesse.”
Romain Mazenot

“Discussions sans fin à refaire le monde du journalisme, variations sur le syndicalisme, Jean Monnet, et les odeurs des truffes, visite de Sainte Sophie un jour de fin de ramadan… Ton élégance et ta gentillesse, et ta gourmandise toujours discrète. Ton professionnalisme sans ostentation.
Hommage ému à un confrère-ami parti trop tôt.”
Sophie Mandrillon

“La section syndicale du SNJ d’Euronews rend aussi hommage au délégué syndical qu’a été Christophe pendant quatre ans. Il m’avait passé le flambeau il y a plus de huit ans, il était adhérent de longue date de ce syndicat et un grand défenseur des droits des journalistes et de la déontologie. J’ai eu le plaisir de passer un week-end entier avec lui à un congrès national du SNJ à Besançon, nous n’avions pas arrêté de parler, notamment d’histoire de France qui le passionnait et de son passé de critique gastronomique…Et à notre retour, avec Christophe, il était bien sûr impossible de ne pas ramener à Lyon quelques bons produits de Franche-Comté ! Je vais garder précieusement tous ces bons moments.”
Joel Chatreau

“Tu n’es plus parmi nous,
tu seras à jamais dans nos cœurs.
Un enorme , tierno y sentido abrazo.”
Marta Gil

“Des conversations… c’est aussi le souvenir que je garde de Christophe.
Des conversations pas comme les autres… un discours toujours engagé, un éclairage toujours utile et souvent atypique, je dirais aussi un discours savoureusement “labyrinthique” quand il se lance sur les coulisses de la politique européenne !
Je me rappelle aussi une conversation où il comparaît les nombreux points de ressemblance entre Lyon et Istanbul ! Des conversations originales, pleines de sens et d’idées.
Mes sincères pensées à sa famille.”
Anne Devineaux

“Christophe, c’est vraiment partir TROP TÔT. Je n’oublierai jamais l‘élégance de tes phrases, de tes manières.
Tes sourires et tes explications sur la culture et l’argot d’ici, tout au debut de ma vie lyonnaise… Je me joins à Luca: “Che la terra ti sia lieve…” Tu restera dans mon coeur.”
Rita Delprete

“Même âge, mêmes habitudes, pas les mêmes problèmes, encore que… Pas les mêmes préoccupations. Mais, bon… Le même TGV. Au risque de vous choquer, je trouve que c’est une belle fin. Presque romanesque. Je regrette simplement de ne pas avoir eu la patience et surtout l’intelligence de le connaître mieux. J‘étais occupé à faire des choses beaucoup plus futiles.”
Vladimir Ivanov

“ « J’ai les sentiments vertueux, les inclinations belles, et une si forte envie d‘être tout à fait honnête homme que mes amis ne me sauraient faire un plus grand plaisir que de m’avertir sincèrement de mes défauts ». La Rochefoucauld
Cette référence à l’idéal de l’honnête homme né au 17ème siècle, siérait sans doute à l’homme au foulard, qui du boût de sa clope, savait se narguer lui-même.
Erudit imprégné d’histoire, Christophe n’en était pas moins homme de son temps. Européen toujours, écolo à ses heures, il était attentif aux soubresauts de la planête, surtout la bleue, dont il déplorait parfois le déficit d’étoiles, s’emparant avec ferveur de sujets qui pouvaient en rebuter plus d’un… Journaliste, assurément, il était aussi de ceux pour qui la déontologie n’était pas un gros mot.
Il n’est de bons reportages que ceux a que l’on a envie de faire disait-il. L’envie, de tous les parfums du monde, avec ses vertiges, ses joies, et ses déconvenues, l’aura sans nul doute accompagné, sans concessions, et avec discrétion, tout au long de sa route.
Chapeau bas à l’homme qui ne s’est pas renié.”
Valérie Gauriat

“Christophe was a true European.

I met him 21 years ago when I came from CNN in Atlanta, Georgia to work for euronews. Although I am half-French, I knew little about the history and the institutions and the key players behind the European Union. Over the years, Christophe convinced me as to why the European Union was one of the most beautiful ideals and concepts ever created. We would often compare the political difference between the EU and the United States and even argue as to why the European Union could never be a United States of Europe. We both stood our ground but we also often found common ground.

For me, Christophe was a true European but also a true friend. Au revoir Christophe, may you be surrounded by a floating cloud of blue and yellow stars where you are resting in peace.”
Valerie Zabriskie

A euronews chacun a un souvenir de resto ou de fête avec lui… Preuve qu’il aimait les bonnes choses et surtout les moments de partage avec les gens. C‘était un grand monsieur. Sa présence, sa gentillesse, son humilité et cette voix ! Quelle voix ! Tout cela nous manquera beaucoup.
Jean-Philippe Liabot

C’était il y a 20 ans, on parlait toujours de guerre en Bosnie, Kurt Cobain était vivant et Mandela pas encore président. Je débarquais dans ce métier et tu es l’un de ceux qui m’a tout appris. Je te suis éternellement reconnaissant pour ça… mais encore plus pour m’avoir filé tes meilleures adresses parisiennes et surtout ta collection de vinyles. Ciao camarade.
Sébastien Faure

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