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Passeports volé : Interpol alerte sur les défaillances de sécurité


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Passeports volé : Interpol alerte sur les défaillances de sécurité

Liée ou non à un acte terroriste, la disparition du vol de Malaysia Airlines a mis en lumière les failles de sécurité dans le contrôle des passeports. L’organisation policière internationale Interpol a saisi cette affaire pour faire passer le message. Les deux passagers qui voyageaient avec des documents volés seraient de jeunes Iraniens cherchant à émigrer en Europe. Arrivés en Malaisie depuis le Qatar avec leurs vrais papiers, ils ont ensuite utilisé des passeports autrichien et italien, volés en Thaïlande, pour embarquer à destination de Pékin. Les passeports volés figuraient sur une base de données mise en place par Interpol en 2002 mais qui n’a pas été consultée lors de l’embarquement à Kuala Lumpur.

“Interpol met en garde contre les risques liés à la circulation de faux papiers, régulièrement utilisés par les terroristes et les criminels”, nous dit notre envoyé spécial Gabor Kovacs, “selon l’organisation, le seul point positif de cette tragédie c’est que les autorités nationales vont renforcer leurs contrôles”.

Au siège d’Interpol à Lyon, rencontre avec Michael O’Connell, le directeur du support opérationnel de l’organisation. Si depuis les attentats du 11 septembre, beaucoup a été fait, l’identification des personnes aux aéroports reste un enjeu majeur de sécurité, souligne-t-il. “On dépense beaucoup d‘énergie pour détecter des bouteilles d’eau ou d’autres choses considérées comme des menaces et qui peuvent être transportés à bord de l’avion mais on ne porte pas assez d’attention à la confirmation de l’identité des individus qui embarquent également dans l’avion”, dit-il.
“Par nature, le voyage en avion est très largement mondial, et par conséquent, on souhaiterait que les autorités nationales exploitent les services de renseignements mondiaux pour qu’ils s’accordent avec leurs propres agences de renseignement” poursuit-il, “la base de données d’Interpol sur les documents perdus et volés fournit aux services de renseignements, des indices supplémentaires pour vérifier l’identité des passagers qui voyagent à travers le monde.

Les Etats-Unis arrivent en tête des pays qui ont eu le plus recours à la base de données internationale sur les passeports volés ou perdus d’Interpol. Le Royaume-Uni arrive en seconde position devant les Emirats Arabes Unis.

“Il y a un nombre très inquiétant de personnes qui voyagent autour de la planète avec ce type de passeports. A notre connaissance, il y a 40 millions de passeports et autres documents de voyage qui ne devraient pas être utilisés”, indique Michael O’Connell.

“La technologie des passeports a évolué avec l’utilisation de documents biométriques. L’identité la plus sûre réside dans le mariage entre le biométrique et l’identité nationale de la personne. Mais l’usage des passeports biométriques ne peut pas être généralisé pour le moment. Donc on doit pouvoir faire confiance aux anciens modèles d’identification”, conclut-il.

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