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Navires Mistral : accord compromis entre la France et la Russie

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Navires Mistral : accord compromis entre la France et la Russie

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Entre réalisme économique et fermeté envers la Russie de Vladimir Poutine, le gouvernement français n’a pas encore tranché. Et pour cause, l’accord commercial en jeu entre Paris et Moscou pèse 1,2 milliard d’euros. Signé en mai 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, cet accord porte sur la vente de deux navires militaires de type Mistral à la marine russe. Une option avait également été prise par les autorités russes pour deux autres bateaux porte-hélicoptères. Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a donc pris soin de déclarer que “C’est la suspension de ces contrats qui est envisagée”, et non l’annulation. Lundi dernier, c’est le mot “annulation” qu’avait pourtant prononcé le chef de la diplomatie.

Ce qui est sûr, c’est qu’une visite dans la capitale russe de Laurent Fabius et de Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, a bel et bien été annulée à la suite du référendum qui a poussé au rattachement de la Crimée à la Russie. L’Union européenne et les Etats-Unis ont déjà pris des sanctions à l’encontre d’une trentaine de hauts responsables ukrainiens et russes. C’est dans le cadre de nouvelles sanctions internationales plus fortes que la France pourrait décider de suspendre la livraison des navires Mistral au pouvoir russe. Dmitri Rogozine, le vice-Premier ministre, a réagi sans tarder : “La France commence à trahir la confiance qu’on place en elle en tant que fournisseur fiable dans le secteur très sensible de la coopération militaire et technique”. “Ne sait-elle pas, a-t-il poursuivi, combien de postes de travail ont été créés en France grâce à notre partenariat !?”

Dmitri Rogozine sait parfaitement qu’il met le doigt là où ça fait mal. Aux chantiers navals de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, où sont construits actuellement les bâtiments porte-hélicoptères, les syndicats ont commencé à prendre la parole pour mettre en garde le gouvernement français sur les conséquences pour l’emploi d’une éventuelle suspension ou annulation du contrat de vente aux Russes. “Les salariés ne sont pas responsables”, a résumé la CGT. Un premier navire Mistral, baptisé Vladivostok, devait être livré à la marine russe à la fin de l’année, un deuxième devait être fourni en 2016. Ironie du sort, il devait s’appeler Sébastopol, le nom du grand port de Crimée.

Photo par Klimenko, cc Attribution-NoDerivs 2.0 Generic (CC BY-ND 2.0)