DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Des élections européennes différentes cette fois-ci ?

Vous lisez:

Des élections européennes différentes cette fois-ci ?

Taille du texte Aa Aa

La campagne des élections européennes s’appelle “Cette fois, c’est différent !” parce que le nouveau Parlement jouera un rôle décisif dans la désignation du président de la Commission. Grâce à ses pouvoirs étendus, il pourra rejeter les budgets, tout accord ou législation et en demander une meilleure mouture pour les Européens. Mais certains détournent le slogan pour affirmer que “cette fois, c’est dangereusement différent !” craignant une politisation de la Commission et la potentielle arrivée aux commandes de populistes eurosceptiques. C’est l’une des raisons pour lesquelles un appel à la mobilisation est lancé pour notamment éviter une nouvelle hausse de l’abstention.

Parmi nos invités, Peter Oomsels, vice-président des Jeunes Européens Fédéralistes, estime que ces élections “différentes” constituent une avancée : “les précédents scrutins étaient sérieusement imparfaits avec une participation très basse et aucun débat sur les questions européennes. Là, les choses ont changé”, lance-t-il, “des candidats de premier plan placent au cœur du débat les politiques qui sont importantes pour les citoyens”.

Pour Ashley Fox, eurodéputé britannique du Groupe des Conservateurs et Réformistes européens, ce sont les questions nationales qui détermineront le vote des électeurs et “quand les gens iront voter, ils ne sauront pas qui est Jean-Claude Juncker ou Martin Schulz”. Il explique l’abstention “par le fait que les représentants européens ne parlent pas des vraies préoccupations, mais d’une Union politique renforcée, or ce n’est pas pertinent pour le citoyen lambda”, affirme-t-il.

Enfin, Sony Kapoor du think tank Re-Define estime que “le Parlement doit encore prouver son courage : il dispose déjà de nombreux pouvoirs traditionnels, mais il n’a pas démontré qu’il les exerçait comme les citoyens le veulent”. Concernant les extrêmes, il se dit un peu moins inquiet que les autres participants au débat “parce qu’au final”, assure-t-il, “il y aura une majorité centriste réunissant les Socialistes et Démocrates et le Parti populaire européen et on aboutira à des politiques sensées et stables sur le modèle scandinave”.