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Ségolène Royal "l'emmerdeuse" : la une de L'Express choque et divise

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Ségolène Royal "l'emmerdeuse" : la une de L'Express choque et divise

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Choquer par une couverture non conventionnelle semble être la nouvelle stratégie de vente de l’hebdomadaire français L’Express.

C’est ce que confirme son dernier numéro consacré à la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, affichant en couverture l’image de la femme politique accompagnée du surnom « L’EMMERDEUSE », écrit en lettres capitales.

Conséquence prévisible, voire inévitable, les réactions indignées des internautes n’ont pas tardé à enflammer la Toile.

Invité ce jour par la chaîne de télévision BFMTV, le Premier Ministre français Manuel Valls a également critiqué le choix éditorial « sexiste » de l’hebdomadaire. « Oui ça me choque, je ne suis pas sûr qu’on retrouve cette même une à l‘égard d’un homme, d’un responsable public », a-t-il déclaré au journaliste Jean-Jacques Bourdin. « C’est dégradant. C’est dégradant pour notre vie politique et je veux vous dire combien j’apprécie l’action et la présence de Ségolène Royal à mes côtés”, a-t-il insisté.

Quant à la principale intéressée, elle a de son côté dénoncé « un manque de respect inutile ». «Il faut être à la tâche. Pourquoi injurier, pourquoi démolir, pourquoi manquer de respect ? Ça n’a pas de sens”, a estimé Ségolène Royal.

Nullement surpris par une telle polémique, le directeur de la rédaction de l’Express Christophe Barbier a tenté de justifier son choix éditorial dans une vidéo puis dans un article adressé au Premier Ministre. En évoquant la une du Point qui avait en novembre 2001 réservé le même sobriquet d’emmerdeur à François Bayrou, il justifie le titre de la couverture de son magazine non pas par le fait que la ministre soit une femme mais par son admiration pour la pugnacité de la ministre qui n’hésite pas à aller à contre-courant. Le qualificatif d’emmerdeuse serait donc à prendre comme un compliment et non comme une insulte.

“Il n’est rien de dégradant dans cette appellation, comme l’article intérieur l‘établit : cela illustre la pugnacité de Ségolène Royal, sa capacité à s’accrocher, à faire avancer ses dossiers et à créer sans cesse des rapports de force à son avantage, écrit Christophe Barbier. Traiter quelqu’un d’“emmerdeur”, c’est lui reconnaître une certaine efficacité, certes agaçante, mais qui ne peut laisser indifférent. S’il y avait plus “d’emmerdeurs” et “d’emmerdeuses” au gouvernement, les réformes souhaitées par le Premier ministre avanceraient peut-être plus vite…”


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