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Jean-Claude Juncker nouveau visage de la Commission européenne


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Jean-Claude Juncker nouveau visage de la Commission européenne

Une première étape arrachée de haute lutte : Jean-Claude Juncker est le nouveau président de la Commission européenne, il obtient la confiance du Parlement de Strabourg, 422 voix contre 250. Pour le chrétien-démocrate luxembourgeois, le parcours d’obstacles est loin d‘être terminé.
Prochaine étape : la nomination des 27 commissaires capables de gagner l’investiture des eurodéputés. Et il a pu s’en rendre compte durant son grand oral, les eurosceptiques n’entendent pas lui faciliter la tâche : “M. Juncker est de la génération de l’après-guerre qui estime que l’UE était nécessaire pour arrêter la France et l’Allemagne dans leur lutte souligne le Britannique Nigel Farage, un objectif louable et admirable à l‘époque, mais aujourd’hui désespérément et totalement obsolète, et sa nomination ne tient pas compte du fait qu’il y a eu une énorme vague de vote eurosceptique dans toute l’Europe “.

Pas question de faire des concessions à ceux qui occupent un quart de l’hémicycle répond Manfred Weber le chef du groupe des Conservateurs au Parlement européen : “La question n’est pas de savoir si nous devrions leur demander de travailler de façon sérieuse parce qu’ils ne veulent pas travailler avec nous. Ce sont seulement des extrémistes; ils parlent seulement de ce qu’ils rejettent, jamais de ce qu’ils préconisent.”

Une fois son équipe formée, Jean-Claude Juncker succédera le 1er novembre prochain au Portugais José Manuel Barroso pour un mandat de 5 ans.

Le professeur André Sapir du Think Tank Bruegel à Bruxelles répond aux questions d’euronews :

Fariba Mavaddat, euronews Bruxelles :

Jean-Claude Juncker a prononcé un discours important au Parlement aujourd’hui. Avez-vous vu des éléments dans son discours qui vous ferait penser qu’il va changer son image de bureaucrate ?

André Sapir :

Je pense qu’il a fait le discours que l’on pouvait attendre d’un futur président de la Commission. Une sorte de vision large, un vaste programme, et je pense que c‘était un bon discours. Maintenant, il devra transformer ce vaste programme en un programme viable avec de vraies idées, des idées concrètes pour aller de l’avant. Je pense qu’on attend beaucoup de lui, du nouveau président car l’Europe a besoin d’une nouvelle direction.

euronews :

Il peut avoir la volonté et le désir, mais la possibilité de voir changer l’Europe, est-ce réaliste ? Quelles sont ses chances de réussite ?

André Sapir :

La clé est d‘être en mesure d’assumer un fort leadership pour convaincre les Etats membres que la collaboration est plus importante que de travailler chacun dans son coin. Je pense qu’il devra rappeler aux chefs d’Etat – peut-être à chaque réunion du Conseil européen – l‘état du monde où nous vivons, le fait que la puissance de l’Europe est en déclin dans un monde de plus en plus dominé par des puissances comme la Chine, le Brésil et l’Inde, et où s etrouve la place de l’Europe dans le monde. Je pense qu’il est temps pour la Commission d’ abandonner cette mentalité de fermeture aux seuls problèmes internes. Elle doit se tourner vers l’extérieur et défendre la place de l’UE dans le monde.

euronews :

C’est pourquoi il a mis l’accent sur la politique étrangère et les services extérieurs. Maintenant, étant donné la situation en Ukraine et dans d’autres parties du monde, quelle politique étrangère la Commission doit-elle suivre ?

André Sapir :

À mon avis, en tenant compte du rôle de la Commission en particulier dans le domaine économique, mais aussi dans la politique étrangère, il faut combiner les deux. Cette articulation signifierait – à l’exemple de l’Ukraine et de la Russie certainement – mais aussi vis à vis du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord, une nouvelle politique de l‘énergie. Je pense que c’est un élément clé.
L’Europe est à la traîne et c’est quelque chose dont elle a besoin à la fois pour des raisons d’efficacité, de coûts, mais aussi des raisons de politique étrangère.
Nous sommes tellement dépendants de nos voisins que nous devons avoir une bonne politique mais aussi des relations économiques avec ces voisins.
Je pense qu’un nouveau plan énergétique pour l’Europe serait très très important à la fois pour les perspectives de croissance – car cela implique des investissements massifs dans ce domaine, et ce serait aussi un signal très fort de la nouvelle politique étrangère.

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