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Crise en Ukraine : des retombées positives pour le Moyen-Orient


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Crise en Ukraine : des retombées positives pour le Moyen-Orient

Quelles sont les retombées économiques de la crise en Ukraine ? Les sanctions prises par Bruxelles et Moscou ont des conséquences négatives sur leurs économies respectives.

Du côté de la Russie, deuxième débouché européen pour l’alimentaire, les autorités ont mis en place début août, un embargo d’un an sur de nombreux produits européens, américains et occidentaux.
Les agriculteurs européens souffrent, en particulier ceux des États baltes, mais aussi de Pologne et d’Espagne.

Francisco Moreno, un producteur espagnol de pommes de terre qui pour manifester son mécontentement, a distribué gratuitement sa marchandise dans les rues de Madrid, souligne que “cela va entamer les revenus des producteurs car ce sont eux, les premiers touchés. On veut que l’Union européenne prenne les mesures nécessaires pour compenser ces pertes,” ajoute-t-il.

Pendant ce temps, à l’inverse, les marchés du Moyen-Orient par exemple sont en train de profiter indirectement de ces difficultés. Des pays comme l’Egypte et le Maroc saisissent l’occasion de vendre davantage à la Russie.

Autre domaine où le Moyen-Orient tire son épingle du jeu : le secteur financier. Les banques d‘État russes se sont vues limiter l’accès aux marchés de capitaux occidentaux et les sanctions ont aussi entraîné une fuite de capitaux russes vers d’autres destinations, notamment Dubaï et Abu Dhabi. C’est ce qui explique en partie la hausse de 7 % de l’indice égyptien EGX 30 et de près de 5 % à Dubaï en août par rapport au mois précédent.

Enfin, une dernière question intéresse le monde des affaires internationales et devient peu à peu lancinante au sujet de cette crise en Ukraine : y aura-t-il des mesures de rétorsion dans le secteur de l‘énergie ? La Russie pourrait ne plus livrer l’Europe en gaz cet hiver. Une hypothèse qui reste à confirmer : le manque à gagner pénaliserait lourdement les recettes russes à l’export.

Pour aller plus loin sur toutes ces questions, nous avons joint à Abu Dhabi, Noureldeen Al Hammoury, spécialiste en stratégie des marchés chez ADS Securities.

Daleen Hassan, euronews :
“Parlons tout d’abord d‘énergie. Quels risques potentiels pèsent sur les secteurs gazier et pétrolier, à la fois pour l’Union européenne et la Russie en cas de nouvelle escalade ?”

Noureldeen Al Hammoury, spécialiste en stratégie des marchés chez ADS Securities :
“On peut répondre de deux manières : premièrement, il n’y a à ce jour aucun risque parce qu’on est encore en été. Jusqu‘à présent, personne n’a parlé de sanction dans ces domaines. Toutefois, la Russie pourrait garder cette carte dans sa manche pendant un certain temps. Elle pourrait aussi l’utiliser au début de l’hiver : cela signifierait un nouveau coup dur pour la zone euro dans son ensemble et probablement, une nouvelle hausse des prix en cas de pénurie.
Mais la deuxième partie de la réponse, c’est que les prix de l‘énergie en général pourraient de nouveau baisser en fonction du changement de contexte économique mondial. Des données récentes ont montré que la reprise était en perte de vitesse dans la zone euro, aux Etats-Unis et même en Asie et c’est pourquoi les cours du brut ont fortement chuté malgré l’escalade en Ukraine, en Irak et en Lybie. Donc, il n’y a pas que les tensions géopolitiques qui jouent le rôle principal, le contexte mondial sera aussi un élément clé désormais.”

Daleen Hassan :
“Les investisseurs qui étaient présents en Russie et dans l’Union européenne pourraient-ils voir désormais, le Moyen-Orient comme un environnement plus stable économiquement ?”

Noureldeen Al Hammoury :
“C’est déjà le cas depuis le début de la crise de la dette en Europe et ça se confirme peu à peu, en particulier pour les pays du Golfe. Cette région est stable, sûre et ouverte aux opportunités d’investissement.
Depuis le début de la crise en Europe, ces pays ont enregistré un afflux notable de capitaux et d’investissements provenant d’Europe.
En contrepartie, ils ont aussi ouvert leur porte à de nombreuses possibilités d’investissement et l’une de ces opportunités, c’est la décision récente de l’Arabie saoudite d’ouvrir sa Bourse aux capitaux étrangers.
Donc tant que les tensions et les turbulences financières se poursuivent dans la zone euro, en Russie, aux Etats-Unis et même en Asie, la région du Golfe profitera de ce genre de tensions et de turbulences.”

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