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Procès Xynthia : 3 ans de prison ferme requis contre le maire de La Faute-sur-Mer

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Procès Xynthia : 3 ans de prison ferme requis contre le maire de La Faute-sur-Mer

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Un réquisitoire sévère a été prononcé ce mercredi à l’encontre des quatre prévenus poursuivis dans le procès de la tempête Xynthia, procès qui s’est ouvert il y a un mois aux Sables d’Olonne, sur la côte atlantique en Vendée. Le procureur, Gilbert Lafaye, a réclamé quatre ans de prison, dont un avec sursis, et 30 000 euros d’amende contre René Marratier, l’ancien maire de la petite station balnéaire de La Faute-sur-Mer, endeuillée le 28 février 2010; pas moins de 29 habitants avaient perdu la vie en une nuit. Trois ans de réclusion, dont un avec sursis, ainsi qu’une amende de 50 000 euros, ont été requis contre Françoise Babin, l’ex-première adjointe. A l’encontre de son fils Philippe, un agent immobilier, ont été demandés deux ans de prison, dont un avec sursis, et une amende du même montant, enfin un an de prison avec sursis, et une amende de 5 000 euros contre Alain Jacobsoone, un ex-fonctionnaire de la préfecture. Le procureur a expliqué devant le tribunal que le noeud de cette affaire était ce qu’il a qualifié de “frénésie immobilière”. “Les prévenus s’abritent derrière un bouclier qui n’en est pas un, celui de l’incompétence, a déclaré Gilbert Lafaye, mais quand on exerce depuis 20 ans, comment peut-on dire qu’on n’a pas la compétence ?”. Il a fustigé le système mis en place par la municipalité, parlant de “maire tout puissant” disposant d’un conseil municipal qui servait de “simple chambre d’enregistrement, sans débat”.

Les prévenus sont poursuivis pour “homicides involontaires aggravés” et pour “mise en danger d’autrui par violation délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence”. L’ancien maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, est particulièrement montré du doigt car il n’a pas écouté pendant des années, de 1989 à 2014, les mises en garde des autorités concernant la construction en zone inondable. Certains des terrains sensibles appartenaient à son adjointe, Françoise Babin, chargée d’ailleurs de l’urbanisme…et l’agence immobilière qui les mettait en vente était dirigée par le fils de celle-ci. Cerise sur le gâteau, les maisons des nouveaux lotissements étaient construites pour la plupart par l’entreprise d’un autre conseiller municipal, qui faisait partie de la commission urbanisme de la commune. La localité est située sur une bande de terre prise entre l’océan Atlantique et l’estuaire du fleuve Lay. Le lotissement qui a été englouti avait été installé dans une zone normalement classée “rouge”, autrement dit inconstructible car dangereuse.

La nuit du drame, la conjonction de vents d’environ 130 km/h sur la côte, de 160 km/h sur les îles et d’une marée de coefficient 102, avait été exceptionnelle. A 01H00 le 28 février 2010, les pompiers ne signalaient rien d’alarmant, mais à partir de 03H00, tout allait s’emballer…Des digues cèdent, d‘énormes vagues s’engouffrent, des quartiers sont inondés, les gens qui peuvent encore appeler les secours, des retraités pour la plupart, sont paniqués au bout du fil. Dans “la cuvette de la mort” comme on l’a surnommée, l’eau est montée si vite que certains résidents se sont réveillés sur leur lit en train de flotter sur au moins 1,50 mètre d’eau. Dans ces conditions dantesques, 29 personnes vont mourir en quelques heures, parfois d‘épuisement au bout de la nuit. Le verdict du procès ne sera rendu que le 12 décembre prochain.