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Facebook toujours plus sollicité par les Etats

Et si George Orwell avait vu juste ? C’est en substance le constat qui peut être dressé après avoir consulté le dernier rapport de Facebook sur les demandes gouvernementales qui lui sont adressées. Ces six derniers mois, selon les chiffres communiqués par la firme de Mark Zuckerberg, ces demandes ont augmenté de 28 %.

Dans la troisième édition de son rapport, portant sur le premier semestre 2014, Facebook indique avoir reçu 34 949 demandes des autorités gouvernementales. Et ces demandes ont concernés 49 479 comptes d’utilisateurs, ce qui représente également une augmentation de 28% par rapport aux précédentes données datant du second semestre 2013. Les Etats sollicitent Facebook dans le cadre d’enquêtes portant sur des délits avérés, selon les législations nationales en vigueur. Mais la compagnie se réserve le droit de communiquer ou non les informations concernant les profils incriminés. Et en la matière, Facebook n’a répondu par l’affirmative que dans 34% des cas, si l’on se fie aux données fournies.

Les Etats-Unis en tête de ce palmarès informel

Sans surprise, les Etats-Unis dominent largement ce classement. Avec plus de 15 000 demandes, soit plus de 44% du total de ces dernières, les diverses agences de Washington ont le plus sollicité Facebook. De plus la compagnie a communiqué les données souhaitées dans plus de 80% des cas (Patriot act et autres dispositions ?). A l’inverse, le réseau social n’a fourni à la France, à la 4ième place du classement, que 30% des 2 249 données demandées.

Deux pays européens se distinguent particulièrement : l’Italie et l’Allemagne. En effet, entre le second semestre de 2013 et le premier de 2014, les demandes émanant de Rome et de Berlin ont augmenté de plus de 50 et 60 %. Malheureusement, la nature exacte de ces dernières n’est pas précisée par Facebook. Dans le contexte actuel, la lutte contre le terrorisme et le prosélytisme fondamentaliste peut être avancé.

Se conformer aux législations nationales

Le rapport présente également des données chiffrées concernant le contenu qui a été directement supprimé par Facebook en fonction de législations particulièrement spécifiques dans certains pays. En Turquie, plus de 1 800 « éléments de contenu ont été ainsi restreints », selon la terminologie adoptée, pour entrave ou diffamation envers le père de la Turquie moderne Atatürk ou envers l’Etat lui-même.
En Inde, les lois en vigueur ont contraint le réseau social à supprimer encore plus de contenus, soit pratiquement 5 000, pour non respect de dispositions interdisant de critiquer les religions ou l’Etat. Ce chiffre est toutefois à mettre en perspective avec la population du sous-continent indien.

Entre juillet 2013 et juin 2014, le nombre mensuel d’utilisateurs uniques de Facebook a progressé, passant de 1,1 à 1,3 milliard. Ainsi, même si les Etats se soucient de plus en plus des agissements des individus sur le réseau social, le rythme de croissance de ce dernier rend son contrôle encore plus ardu, à moins que Facebook ne verse dans une autocensure assumée. Et enfin cette question : qu’en est-il des libertés publiques ?

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