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Des paramilitaires indiens prennent d'assaut un hashram, le gourou arrêté


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Des paramilitaires indiens prennent d'assaut un hashram, le gourou arrêté

Complot en vue d’un meurtre, provocation d‘émeute et outrage à la justice, voilà toutes les accusations portées par la police indienne contre le gourou autoproclamé Rampal Maharaj. Et elle a mis du temps à l’arrêter.

L’homme ayant refusé à plusieurs reprises de répondre à une quarantaine de convocations en justice, dont la dernière en date remonte à la semaine dernière – la justice avait ordonné l’arrestation de Satguru Rampalji Maharaj pour une affaire de meurtre remontant à 2006 dans laquelle il est accusé d’avoir ordonné à ses partisans d’ouvrir le feu sur des villageois, faisant un mort et six blessés – les policiers sont finalement aller le cueillir, non sans mal, dans son hashram, un site de 4,8 hectares, situé à 175 km au nord-est de New Delhi.

Gaz lacrymogènes, canons à eau et bulldozers, coups de bâton, il aura fallu tous ces moyens aux 500 paramilitaires envoyés sur le site pour pénétrer dans l’enceinte fortifiée.

Aussi, faire face aux centaines de partisans du gourou qui s‘étaient organisés en chaîne humaine à l’extérieur, tandis que des hommes sur le toit lançaient des pierres et des bouteilles remplies d’acide.

Après plus de 24 heures d’un violent face-à-face avec ces adeptes, dont 250 membres de l’“armée privée” de Rampal Maharaj chargée de sa protection, les forces de l’ordre ont finalement délogé le gourou de 63 ans qui s‘était barricadé sur le site.

Ce dernier a été emmené à bord d’une ambulance, a subi des examens médicaux.

Il a été présenté ce jeudi devant un tribunal qui l’a inculpé pour sédition et faits de guerre contre l‘État. Sortant menotté de la salle d’audience, il n’a eu de cesse de clamer son innocence.

La police indienne passe désormais les locaux de la secte au peigne fin, à la recherche notamment d’explosifs cachés. Elle a déjà découvert les cadavres de cinq femmes et d’un enfant de 18 mois.
Les corps, qui ne portaient pas de trace de balles ou de blessures, ont été transférés au service de médecine légale pour être autopsiés. Une sixième adepte est décédée à son arrivée à la clinique, probablement de problèmes cardiaques. Au total, une centaine de personnes blessées lors de l’assaut ont été hospitalisées.

Les adeptes de Rampal Maharaj

Après l’assaut, de nombreuses personnes, environ 10 000 selon la police, se trouvant à l’intérieur du hashram auraient réussi à fuir. Certaines ont déclaré avoir été retenues contre leur gré et utilisées comme bouclier humain par leur gourou lors de l’attaque des paramilitaires. Un homme par exemple raconte être venu dans l’espoir que le gourou soigne son mal de dos chronique, mais que ses partisans l’avaient empêché de repartir.

D’autres ont affirmé avoir dû se battre pour sortir des locaux de la secte, et même avoir perdu leur enfant dans la mêlée. La police estime que 2 000 adeptes seraient toujours retranchés à l’intérieur du hashram.

Rampal Maharaj, ingénieur de formation, assure être la réincarnation d’un poète mystique du XVe siècle, Kabir. Il affirme avoir guéri des milliers de personnes en Inde souffrant de maladies chroniques et ramené des familles à la prospérité grâce à ses enseignements.

Sur son site internet ==et sur son compte Facebook==, le gourou demande à ses disciples d’obéir à ses ordres, de ne pas vénérer les dieux traditionnels et de ne pas participer à des “actions caritatives inutiles”.

Ce gourou autoproclamé fait partie de ces chefs spirituels indiens qui attirent des adeptes zélés et, dans certains cas, obtiennent argent, pouvoir et influence politique.

Plusieurs scandales impliquant de prétendus gourous ont défrayé la chronique récemment en Inde, l’un d’entre eux étant accusé depuis l’an dernier d’avoir agressé sexuellement une écolière.

Certains gourous jouissent d’une popularité immense et occupent une place centrale dans la vie quotidienne des Indiens.
Pour nombre d’Indiens, les gourous font partie intégrante de leur vie quotidienne. Ils estiment que ces maîtres spirituels leur montrent la voie vers une plénitude de l’esprit en échange d’une dévotion spirituelle et ils font souvent des dons aux ashrams ou à des projets caritatifs supervisés par ces gourous.

Plusieurs scandales impliquant de supposés gourous – souvent des ascètes hindous se disant investis de pouvoirs mystiques – ont éclaté en Inde récemment. L’an dernier, un gourou a avait été mis en examen pour avoir agressé sexuellement une écolière.

Avec agences.

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