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Les Etats-Unis, "bavures" policières et émeutes raciales

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Les Etats-Unis, "bavures" policières et émeutes raciales

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Août 2014, Ferguson, dans le Missouri, s’enflamme. Michael Brown, un jeune noir de 18 ans, sans arme au moment des faits, vient d‘être abattu de six balles par un policier blanc. Celui-ci clame la légitime défense, mais d’autres témoignages contredisent cette version. Les émeutes provoquées par ce meurtre dureront plusieurs jours.

Des “bavures” de la police à l‘égard des afro-américains, l’histoire des Etats-Unis en est jalonnée ainsi que de leur corollaire, les émeutes raciales. 85 ans de ségrégation et 10 ans de lutte pour l’abolir sous l‘égide de Martin Luther-King aboutiront à la grande marche pour les droits civiques de 1963 et la signature un an plus tard du Civil Rights Act par le président Jonhson. Une loi qui déclare illégale la discrimination reposant sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l’origine nationale. Luther-King est au premier plan.

Les problèmes ne sont pas réglés pour autant. Les discriminations persistent, surtout en milieu urbain et les années 60 seront émaillées de nombreuses émeutes culminant en 1968 après l’assassinat de Martin Luther-King. Le bilan sera lourd, plusieurs dizaines de morts et des milliers d’arrestations.

Après une accalmie dans les années 70 et 80, le cas de Rodney King enflamme à nouveau le pays en 1992. La vidéo de son passage à tabac par quatre policiers blancs après une course-poursuite fera le tour du monde. Une fois de plus c’est un verdict qui met le feu aux poudres. L’acquittement un an plus tard des policiers par un jury composé de 10 blancs.

Dix ans plus tard, le visage de l’Amérique s’est modifié. Elle a élu un président noir. Mais les mentalités n’ont pas toutes changé pour autant. Trayvon Martin a 17 ans lorsqu’il est abattu par un agent de sécurité, Georges Zimmerman, au motif qu’il l’avait trouvé “suspect”.

Barack Obama s’est toujours gardé d’intervenir sur ce terrain miné, sauf pour Trayvon Martin dont il dira sur le moment qu’il “aurait pu être son fils”. Un an plus tard, après l’acquittement de son assassin, il ajoutera, “il y a trente-cinq ans, j’aurais pu être Trayvon Martin. Et si vous pensez à la question de savoir pourquoi, dans la communauté afro-américaine au moins, ce qui s’est passé a provoqué beaucoup de peine, je pense qu’il est important de reconnaître que la communauté afro-américaine observe ces questions à travers un ensemble d’expériences, et une histoire qui ne disparaît pas. Dans ce pays, il y a très peu d’hommes africains-américains qui n’ont jamais fait l’expérience d‘être suivis quand ils font leurs courses au supermarché. Moi y compris”.

“Nous sommes tous des Trayvon Martin, emprisonnez les racistes, pas les jeunes noirs”, pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants arborant le portrait du jeune-homme au lendemain de l’acquittement de Zimmerman. Cet acquittement avait provoqué une vague d’indignation et de protestation à travers tous les Etats-Unis.