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Pour échapper au viol, les femmes Yazidies se suicident

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Pour échapper au viol, les femmes Yazidies se suicident

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Ce mardi, Amnesty International publie un communiqué accablant sur les conditions de vie de la communauté Yazidie, persécutée par le groupe Etat islamique (EI) dans le nord de l’Irak.

Dans ce communiqué, l’ONG raconte la fin tragique d’une femme prise au piège dans les filets des islamistes.

Elles vivent l‘enfer tous les jours

Jilan est une jeune femme qui s’est donnée la mort le jour où elle devait probablement être vendue et devenir esclave.

«Un jour, on nous a donné des vêtements ressemblant à des costumes de danse et on nous a dit de nous laver avant de les enfiler. Jilan s’est tuée dans la salle de bains», rapporte une captive au coté de Jilan. «Elle s’est entaillée les poignets et s’est pendue. Elle était très belle. Je pense qu’elle savait qu’elle allait être emportée par un homme et c’est pour ça qu’elle s’est tuée», ajoute la jeune fille.

Considérés comme hérétiques par leurs détracteurs sunnites, les Yazidies, et plus particulièrement les femmes, subissent des violences manifestes. Violées, mariées de force ou encore vendues aux sympathisants de la cause extrémiste, ces femmes, issues d’une minorité kurdophone, connaissent souvent un destin funeste.

Traumatisées à vie, elles restent stigmatisées

Fier d’avoir rétabli l’esclavage et se targuant d’offrir des femmes et des enfants Yazidies à ses combattants, l’EI s’en est ouvertement vanté dans l’édition d’octobre de son magazine de propagande.

Ces jeunes femmes abusées restent profondément choquées. Selon Donatella Rovera, conseillère en situation de crise d’Amnesty International, “les conséquences physiques et psychologiques des effroyables souffrances que ces femmes ont subies sont catastrophiques”. “Nombre d’entre elles ont été torturées et traitées comme du bétail. Même celles qui ont réussi à s‘échapper restent profondément traumatisées”.

L’organisation internationale va plus loin et crie au “nettoyage ethnique”.

Après ces violences, la plupart des femmes qui ont réussi à s’échapper se sentent souillées et gardent pour elles les actes qu’elles ont subis de peur d’être désavouées ou même tuées par leur propre tribu.

Le Sinjar, berceau de la communauté Yazidie, a subi l’offensive de l’EI qui s’est attaqué à cette région en août dernier.

Avec Amnesty International