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Les chantiers du pape

De nombreux défis attendent le pape François en 2015.

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Les chantiers du pape

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Les ‘‘maux’‘ de la curie

Le 22 décembre, à quelques jours de Noël, le pape, dans son discours de vœux, critiquait sévèrement la curie romaine, dressant une liste de maladies dont elle serait atteinte : ‘‘alzheimer spirituel’‘, ‘‘fossilisation mentale’‘, ‘‘schizophrénie existentielle’‘, ‘’ narcissisme faux, ‘‘rivalités mondaines’‘. Un discours acerbe, inédit par sa virulence, qui témoigne de la volonté du Pape, et peut-être aussi de sa difficulté, à réformer le gouvernement de l‘Église. Allant jusqu‘à déclarer qu’il se sentait parfois ‘‘anticlérical’‘, le souverain pontife a appelé les membres de la curie à un vrai ‘‘examen de conscience’‘.

Mettre de l’ordre dans les finances de l‘Église

Dans le but d’assainir les finances de l‘Église, et par souci de transparence, le Pape a crée en 2014 un Conseil pour l‘économie composé de huit prélats et de sept laïcs. Il a aussi créé une nouvelle structure au sein de la Curie, un secrétariat pour l’Economie, dirigé par le cardinal australien George Pell. Cette vaste refonte des finances de l’Eglise a déjà permis de retrouver ‘‘miraculeusement’‘ des centaines de millions d’euros ‘‘non déclarés’‘ dans les caisses du Saint-Siège. D’autres surprises ne sont pas à exclure.

Un rôle diplomatique renforcé

Le Pape a joué un rôle de premier plan dans le rapprochement historique entre les Etats-Unis et Cuba, après un demi-siècle de gel diplomatique. Des pourparlers secrets ont ainsi été tenus au Vatican et le Pape a écrit aux deux présidents les appelant « à résoudre les questions humanitaires d’intérêt commun.’‘ Le Vatican pourrait tenter d’autres médiations notamment entre la Russie et les Occidentaux sur le dossier brûlant de la crise ukrainienne. Lors de sa visite mardi au Sri Lanka, un pays marqué par trois décennies de guerre civile, François a également lancé un appel à l’unité et à la réconcilation nationale.

La condamnation du fondamentalisme et des amalgames

Lundi, lors de son discours annuel devant le corps diplomatique au Vatican, le Pape a dénoncé la férocité du fondamentalisme qui refuse “Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique”. Quelques semaines plus tôt, le 30 novembre, il demandait à tous les dirigeants musulmans – politiques, religieux – ainsi qu’aux intellectuels de condamner clairement et sans ambiguïté le terrorisme islamiste, estimant que leur prise de position, unanime, aiderait à combattre l’islamophobie et les amalgames. « Cela aiderait une majorité des musulmans (…) Nous tous avons besoin d’une condamnation globale » avait-il notamment déclaré.

La lutte contre le changement climatique

En 2015, le Pape doit publier une encyclique concernant la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre, qui menacent en premier lieu les populations les plus pauvres. Il pourrait évoquer prochainement la question avec des responsables religieux et politiques et participer à la Conférence de Paris sur le climat en novembre. Au lendemain de son élection, il déclarait : «Nous sommes “gardiens” de la Création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement. »