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Chômage des jeunes : l'Europe passe à l'action


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Chômage des jeunes : l'Europe passe à l'action

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Le chômage des jeunes, c’est l’un des chantiers prioritaires pour l’avenir de l’Europe. Si les idées, l’argent et les politiques ne manquent pas, concrètement, que fait-on sur le terrain ? Pour le savoir, l‘équipe de Real Economy s’est rendue au Portugal et en Irlande.

Au sommaire de cette édition : rencontre avec un panel de jeunes portugais. Ils nous confieront leurs aspirations en matière d’emploi et de carrière. Alors, au Portugal, quelle est l’ampleur du problème et quelles solutions sont envisageables ? Et puis direction l’Irlande qui explore de nouvelles voies par aider les jeunes à mettre le pied à l‘étrier et leur assurer ainsi un avenir.

Actuellement, 34,5 % des jeunes Portugais sont sans emploi. Un taux certes inférieur à celui des jeunes Espagnols, mais qui compte parmi les plus élevés au sein de l’Union européenne. Une Europe qui peine à trouver la solution au chômage des moins de 25 ans. Alors, comment relever le défi ici au Portugal ? Éléments de réponse avec Giovanni Magi.

Depuis le début de la crise, le nombre des jeunes ayant quitté le Portugal pour chercher du travail à l‘étranger équivaut au nombre des habitants de Porto, la deuxième ville du pays. Un phénomène qui n‘épargne personne, pas même les plus qualifiés : 41 % des émigrants européens sont diplômés de l’enseignement supérieur.

Pour remédier à cette fuite des cerveaux, un phénomène qui touche de plein fouet le Portugal, et ce, depuis longtemps – la crise n’ayant contribué qu‘à l’accentuer – le pays travaille à une meilleure adéquation entre formation initiale et marché du travail. Le gouvernement portugais a, notamment, mis en place des mesures d’accompagnement à la création d’entreprise. L’occasion de valoriser l’expérience acquise à l‘étranger.

De passage à Porto, Maithreyi Seetharaman en a profité pour donner la parole aux intéressés eux-mêmes – 3 jeunes Portugais : Joao, étudiant en première année de technologie et Sophia et Miguel, tous deux en master de bio-chimie.

Et voici sa première question (l’intégralité de cette rencontre est disponible sur notre site internet) : “Quel est votre plus grand défi à long terme concernant votre travail, votre carrière ?”

Joao :
“Mon plus grand défi est de savoir ce que je ferai plus tard et où. Je dois décider ce que je veux vraiment faire à l’avenir parce que je suis dans une filière qui propose plusieurs débouchés.”

Miguel :
“Le plus important, c’est la stabilité. J’envisage de faire de la recherche et c’est un secteur où l’on est particulièrement vulnérable – il n’y a pas de contrat de travail. Parfois, vous décrochez une bourse pour 6 mois ou un an. Et ensuite, il faut tout recommencer à chaque fois.”

Sophia:
“À l’heure actuelle, c’est difficile de trouver un emploi. J’aimerais rester ici. Mais si je dois partir, alors, j’y réfléchirai.”

Parlons, à présent, de la Garantie pour la Jeunesse – l’arme anti-chômage de l’Union européenne destinée aux jeunes. De quoi s’agit-il ? Tous les détails dans notre cours accéléré.

Pour commencer, prenez de jeunes Européens, tous âgés de moins de 25 ans. Certains sont au chômage, d’autres sont dits NEETs (Not in Education, Employment or Training), un acronyme anglais qui désigne les jeunes sans emploi et qui ne suivent ni études, ni formations.

En clair, la Garantie pour la Jeunesse entend proposer à tous les jeunes Européens – via notamment leur agence nationale pour l’emploi – un stage, un apprentissage, une formation complémentaire, voire un travail dans les 4 mois suivant la fin de leur scolarité ou la perte de leur emploi.

Mais pour que cela fonctionne, les 28 doivent, au préalable, réformer leur marché du travail, leur service public pour l’emploi et leur système éducatif.

Les budgets nationaux devront aussi donner la priorité à l’emploi des moins de 25 ans. L’Union européenne complètera les dépenses des États membres au moyen du Fonds social européen et des 6,4 milliards d’euros alloués au titre de l’Initiative pour l’emploi des jeunes qui cible en particulier les pays où le taux de chômage des jeunes dépasse 25 %.

La question-clé maintenant : cette initiative a-t-elle des chances de porter ses fruits ? Fanny Gauret a enquêté en Irlande, où les jeunes renouent avec une tradition ancestrale : partir, souvent loin, lorsque les temps redeviennent trop difficiles. Un projet-pilote tente d’en retenir le plus possible en leur offrant de réelles perspectives d’avenir, comme à Ballymun, un quartier populaire du nord de Dublin, où le taux de chômage des moins de 25 ans atteignait 54 % en 2011. Ballymun a donc été choisi pour qu’y soit mené pendant 1 an l’un des 18 projets-pilotes lancés dans le cadre de la Garantie pour la Jeunesse.

Objectif : permettre aux jeunes de multiplier les expériences professionnelles grâce au concours des entreprises bien sûr, mais également du milieu éducatif, des organisations pour la jeunesse, des syndicats et des services locaux pour l’emploi. Le bilan est plutôt positif : sur les 739 jeunes Irlandais qui ont pris part à l’aventure, 80 % ont reçu une proposition pour une première expérience et pratiquement tous (98 %) dans le délai imparti de 4 mois.

Reste à voir si la Garantie pour la Jeunesse réussira à réduire la fracture sociale en Europe. À elle seule, cela risque d‘être difficile. Reconnecter les jeunes Européens avec le monde du travail coûterait, selon Eurofound, 50 milliards d’euros. Ne rien faire, coûterait 3 fois plus cher : le prix d’une génération perdue.

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