DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

La perche à selfie, non grata à Versailles


le mag

La perche à selfie, non grata à Versailles

En partenariat avec

Des selfies à Versailles, oui, mais sans la perche. Le fameux bras télescopique qui permet de se photographier avec son smartphone en prenant du recul et en se mettant en scène est désormais banni du château. Cette mesure qualifiée de “préventive” est déjà en vigueur dans plusieurs musées américains comme le MOMA à New-York.

À Versailles, les touristes se plient aux règles donc, mais avec un peu de frustration quand même. “C’est quand même très utile pour prendre une photo quand on est quatre et que l’on veut se photographier ensemble, mais bon tant pis, c’est d’accord”, dit une jeune touriste. Pour les professionnels, interdire la perche à selfie ou limiter son utilisation était indispensable.

Son maniement à proximité des œuvres d’art est trop risqué, notamment en cas de grosse affluence.

“On est pratiquement à un mètre des objets. Si vous voyez cette console, il me suffit de tendre un peu la main pour la toucher n’est-ce pas ? C’est pareil avec ces vases en porphyre et c’est la même chose avec les lustres que nous avons juste au-dessus de nous, à peine à un mètre, donc vous imaginez avec une perche à selfie, les dégâts que cela peut occasionne, explique Denis Verdier, le directeur du “développement culturel” du château de Versailles.

Des dégâts qui peuvent être très important, quand on sait que le château de Versailles accueille plus d’un millier de visiteurs quotidiennement.

“Nous sommes en groupe alors nos amis peuvent nous prendre en photo, mais quand on vient seul, c’est un peu décevant de ne pas pouvoir le faire”, dit une autre touriste.

L’accessoire prisé des touristes est également sur la sellette au Centre Pompidou et sous observation au Louvre ainsi qu’au Palais de Tokyo. Les professionnels planchent sur des alternatives quant à l’utilisation des perches à selfie, reconnaissant là un bel outil de promotion.

“La perche à selfie a un rapport avec les réseaux sociaux, tout simplement parce que les gens diffusent leurs photographies du palais de Tokyo sur les réseaux sociaux, que ce soit Instagram, Facebook ou Twitter et cela a une réelle influence, je pense, sur la fréquentation du lieu. Ça donne envie à d’autres personnes de venir visiter les expositions”, explique Simon Bruneel, Chargé de médiation culturelle au palais de Tokyo.

Consolation pour les touristes. À défaut de pouvoir utiliser leur bras télescopique, ils peuvent désormais l’admirer via la création de l’artiste le japonais Kenji Kawakami. Où comment la perche à selfie dangereuse pour les objets d’art s’est transformée elle-même en œuvre artistique.

Le choix de la rédaction

Prochain article

le mag

"Art in Island", le musée 3D pas comme les autres