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La cotation de l'or devient électronique et plus transparente


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La cotation de l'or devient électronique et plus transparente

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Dans cette édition, nous reviendrons sur la disparition du fixing de l’or tel que nous le connaissions jusqu’ici. Et dans notre rubrique Business Snapshot, nous rendrons compte des préoccupations du Koweït, le premier pays du Golfe à s’inquiéter ouvertement de la chute des cours du pétrole.

Comme le dit le proverbe : mieux vaut tard que jamais ! Le marché de l’or, lui aussi, vient de passer au numérique. Créé, il y a près d’un siècle, le fixing de Londres – la référence mondiale de la fixation des prix de l’or – n’a finalement pas résisté aux sirènes de la modernité, ni aux scandales d’ententes illégales et autres manipulations des cours.

Le nouveau mécanisme d’enchères électroniques se veut donc plus transparent et par conséquent plus fiable.

Le fixing de l’or à l‘ère du numérique

Depuis 1919, quatre banques historiques prenaient part au rituel immuable du fixing de l’or à Londres : la Barclays, HSBC, la Société Générale et la Banque Scotia. À noter que la Deutsche Bank a également fait partie de ce club très fermé pendant une vingtaine d’années.

A charge donc pour ces établissements de fixer le cours de l’or deux fois par jour.

Le nouveau mécanisme d’enchères électroniques – voulu plus transparent – est désormais géré par l’opérateur boursier ICE et accueille deux membres supplémentaires : UBS et Goldman Sachs.

Sinon, la procédure de fixing reste globalement inchangée. Le total des offres d’achat et de vente sont mises à jour en temps réel en tenant compte des déséquilibres et le prix de l’or est actualisé toutes les 30 secondes, jusqu‘à ce que les ordres de vente et d’achat soient équivalents.

Retrouvons maintenant Daleen Hassan et Nour Eldeen Al-Hammoury

Daleen Hassan, euronews:
“Alors, le nouveau système de fixing électronique de l’or sera-t-il moins vulnérable aux tentatives de manipulation ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, Responsable des Stratégies Marchés chez ADS Securities à Abu Dhabi :
“C’est en tout cas notre souhait. Plusieurs grandes banques internationales ont en effet été impliquées dans des scandales de manipulation des prix de l’or, mais aussi de ceux des matières premières.

Les banques qui annonçaient avant que l’once d’or dépasserait les 2 mille dollars sont les mêmes qui, aujourd’hui, prédisent que l’once d’or va tomber sous la barre des mille dollars. Cela dit, ces grandes banques restent les principales acheteuses du précieux métal selon le Conseil mondial de l’or.

Le nouveau système de fixing devrait cependant redonner confiance aux opérateurs, surtout si le marché de l’or joue à fond la carte de la transparence et c’est ce que nous allons regarder de près dans les semaines à venir.”

Daleen Hassan :
“On dit que la Chine pourrait tenir une place déterminante dans ce nouveau système. De quelle façon ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“Depuis le début de la crise financière et jusqu‘à aujourd’hui, la Chine a acheté d‘énormes quantités d’or. À tel point qu’elle compte parmi les plus gros consommateurs d’or au monde ces derniers mois. Par conséquent, si la Chine rejoint le nouveau système électronique de fixing, les dérives que l’on a connues par le passé devraient être moins nombreuses. Généralement, plus il y a des participants et plus les tentatives de manipulation baissent.”

Passons à présent de l’once d’or à l’or noir.

Les récentes déclarations du ministre koweïtien du Pétrole, Ali Al-Omair, relance le débat sur l’impact réel de la baisse du prix du baril et les options à la disposition de l’Opep pour inverser la tendance.

Inquiétudes budgétaires au Koweït

Depuis juin 2014, les cours du pétrole ont chuté de près de 60 %. Pour autant, l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) n’aurait d’autre choix, pour conserver sa part de marché, que de maintenir son niveau actuel de production a déclaré dernièrement le ministre koweïtien du Pétrole.

Si la position de l’Organisation n’est pas nouvelle en la matière, c’est la première fois en revanche, qu’un pays du Golfe s’inquiète ouvertement des éventuelles répercussions négatives sur son budget de la baisse du prix du baril.

Ali Al-Omair s’est donc dit ouvert à tout arrangement avec les producteurs non membres de l’Opep pour stabiliser le marché.

Prudent, le Koweït a pris les devants sachant qu’il tire 96 % de ses revenus du pétrole. Dès 2016, le pays pourrait mettre en place des mesures d’austérité incluant, notamment, une baisse des dépenses publiques de l’ordre de 17 % par rapport à cette année.

Daleen Hassan :
“M. Al-Omair a confirmé qu’il s’inquiétait de la chute des cours du pétrole, mais défend la position de l’Opep de ne pas baisser sa production. Qu’est-ce qui empêche l’Opep d’intervenir ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“Il s’agit selon moi d’une question plus politique qu‘économique. Pour l’heure, les pays de l’Opep n’ont pas réussi à trouver une solution. La question est de savoir jusqu’où ils sont prêts à réduire la production collectivement et individuellement. Et il est évident qu’ils n’ont pas encore la réponse à cette question.

Par ailleurs, les récentes déclarations du ministre koweïtien du Pétrole pourrait laisser penser qu’ils n’arriveront pas à tomber d’accord d’ici à la prochaine réunion de l’Opep prévue en juin.

De plus, il faut tenir compte de l’annonce faite par l’Iran d’augmenter sa production de 1 million de barils par jour, une fois levées les sanctions internationales à son encontre. Ce qui devrait renforcer encore la pression à la baisse sur les prix du pétrole.”

C’est ainsi que s’achève ce numéro de Business Middle East.
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