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Le pouvoir aux élèves !


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Le pouvoir aux élèves !

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Et si les élèves avaient le pouvoir de décider de l’avenir de leur établissement, comment cela se passerait-il ? C’est la question que nous avons posée aux intéressés eux-mêmes, à leurs parents et à leurs enseignants dans ce numéro de Learning World.

Des élèves qui dirigent eux-mêmes leur école, à première vue, c’est la porte ouverte au chaos. Et pourtant, de plus en plus de gens reconnaissent l’efficacité d’impliquer les élèves dans le processus décisionnel. La preuve avec ces trois reportages.

Australie : des professeurs embauchés par leurs futurs élèves

En Australie, plusieurs établissements ont effectivement mis sur pied des panels d‘élèves, afin qu’ils participent, eux aussi, au processus de recrutement de leurs futurs enseignants.

C’est le cas, par exemple, du lycée Nossal situé dans la banlieue de Melbourne, la capitale de l‘État de Victoria, dans le Sud-Est du pays.

Roshan et Cherry font tous les deux partie du comité de sélection de cet établissement.

Roshan : “avec ce panel, nous avons voix au chapitre, contrairement à d’autres écoles où l’on se focalise surtout sur le côté négatif des adolescents. Du coup, en nous responsabilisant, ici, on nous traite en adultes.”

Cherry : “en tant que lycéens, on sait quel type d’interaction on aimerait avoir avec nos enseignants. Ils ne sont pas juste là pour faire leur cours, pour délivrer du contenu. La relation élèves-professeurs est très importante pour nous.”

L’idée d’impliquer les élèves dans la gouvernance du lycée vient du principal de Nossal, Roger Page.
Son objectif : leur conférer le pouvoir d’agir à tous les niveaux :

“L’une des choses à laquelle je tenais, c‘était que les élèves aient vraiment leur mot à dire dans un environnement éducatif dominé par des adultes. La deuxième année, nous avons décidé d’associer un groupe de lycéens au processus de sélection et on a lancé un appel à volontaires. Près de la moitié des élèves se sont portés candidats pour participer à ces panels de sélection, car ils pensaient que c‘était une bonne idée.”

Évidemment le rôle des élèves et leur marge de manœuvre au sein des panels sont encadrés. Tous reçoivent une formation afin d‘être en mesure de décider, de manière équitable et responsable, qui sera ou non embauché.

Portugal : au tour des professeurs d‘être notés

Qu’est-ce-qu’un bon enseignant ? En 2007, l'université de Porto a introduit un système d’enquêtes pédagogiques permettant aux étudiants d‘évaluer leurs professeurs.

Et Sofia Castro Gothen et Paulo Beleza Vasconcelos s’en sortent avec les honneurs. Professeurs de mathématique en master, ils ont en effet reçu le prix d’Excellence éducative pour 2014 / 2015 décerné par l’université de Porto.

Il faut dire qu’ils n’ont pas hésité à revoir et corriger le contenu de leurs cours et adapter leur méthode d’enseignement aux besoins des étudiants.

On demande aux étudiants de se prononcer sur la structure d’apprentissage, la relation étudiants-professeurs et l’aide que ces derniers leur apportent.

Autre critère pris en compte dans l’enquête : le degré d’autonomie accordé aux étudiants.

Pedro Teixeira, le vice-chancelier de l’université de Porto, n’y voit que des avantages : “plusieurs de nos professeurs ont vu leurs résultats s’améliorer de façon significative au fil des ans, y compris des professeurs considérés comme n’ayant pas de bonnes relations avec leurs étudiants. Aujourd’hui, ils sont beaucoup mieux notés.”

Angleterre : pleins feux sur la vénérable école Summerhill

Découvrons maintenant une école qui se décrit comme ‘la plus vieille démocratie d’enfants au monde’.

Aussi célèbre que controversée l‘école anglaise Summerhill a dévolu – depuis sa création en 1921 – le pouvoir aux enfants.

Quincy Russell, un ancien élève, se souvient avec nostalgie de la pédagogie alternative prônée par l‘école où l’envie d’apprendre de l’enfant prime sur la manière d’enseigner.

Hier comme aujourd’hui, les élèves restent libres d‘établir leur propre emploi du temps et décident collectivement du règlement intérieur.

Quincy vit maintenant en France avec ses enfants -Jake, 25 ans et Maïlys, 23 ans – qui, comme lui, ont fréquenté avec délice l‘école Summerhill : “je savais exactement où ils allaient et ce qu’ils allaient vivre : j‘étais passé par là. Comment aurais-je pu leur refuser une si belle éducation faite de respect, d‘écoute, d’amour, de confiance et de camaraderie.”

À Summerhill, les élèves ont entre 6 et 18 ans. Les cours sont facultatifs et toutes les matières ont la même importance. Quincy, lui, a eu le déclic lorsqu’il a trouvé des chatons dans le parc de l‘école. Il a alors poussé, pour la première fois, la porte du labo de biologie pour les montrer à l’enseignant et de fil en aiguille, il s’est pris de passion pour les sciences.

Pierre angulaire de l‘établissement : le principe de démocratie participative. Élèves et enseignants sont traités d‘égal et égal et leur voix a le même poids lors des votes en assemblée où se décident les règles indispensables au bon fonctionnement de l‘école.

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