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Egypte: les violences sexuelles perpétrées par les forces de sécurité en hausse

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Egypte: les violences sexuelles perpétrées par les forces de sécurité en hausse

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Les violences sexuelles commises par les forces de sécurité égyptiennes sont en hausse. C’est ce que dévoile le rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) publié ce 19 mai.

Alors que le gouvernement égyptien s‘était engagé à lutter contre ces violences qui avaient contribué à plonger le pays dans le chaos durant les 3 années de révolution, depuis la prise de pouvoir de l’armée en mars 2013 les agressions n’ont cessé d’augmenter.

Le rapport de la FIDH fait notamment état d’une “aggravation du rôle direct des agents de l‘État dans la perpétration de violences sexuelles.”

Un rapport accablant

Le titre du rapport «Hypocrisie au sommet de l’Etat: les violences sexuelles commises par les forces de l’ordre en Egypte» donne le ton.

En effet, celui-ci pointe du doigt les différents groupes en cause, tels que les militaires, les agents de la sécurité Nationale ou encore ceux de la police qui agissent en toute liberté: « l’impunité générale dont jouissent les auteurs des violences sexuelles prouvent que nous avons affaire à une stratégie politique cynique visant à bâillonner la société civile et à réduire l’opposition au silence » affirme Karim Lahidji, président de la FIDH. « Il ne s’agit pas d’actes isolés ! » renchérit-il.

Le compte-rendu rassemble également le témoignage de plusieurs victimes qui rapportent avoir fait l’objet de viol, parfois accompagnés d’objets, d‘électrocution, de tests de virginité vaginaux et anales et diverses actes à caractères sexuels.
« Nous avons été attaqués lors d’une attaque menée par le Chef des Renseignements Criminels d’Alexandrie (Mabahith)… Ils nous ont dit de nous mettre à genoux, les mains derrière la tête. (…) Ensuite ils ont pris les jeunes femmes à part et ils nous ont fouillées en nous collant le visage contre le mur, ils nous ont agressées sexuellement en nous insultant . (…)J’ai essayé de retirer la main de l’un des soldats de la Sécurité Centrale de mon pantalon, alors qu’ils me battaient à coup de crosse, jusqu’à ce que je ne puisse plus lutter. » avoue K. militant d’une ONG égyptienne travaillant pour les droits humains.

Selon FIDH, les violences faites par les forces du régime d’Al Sissi sont utilisées comme moyen de répression afin de réduire la population au silence.

Les communautés gay et lesbienne en ligne de mire

La FIDH dénonce également l’instrumentalisation par le régime d’Abd El-Fattah El-Sissi de la lutte contre les violences sexuelles afin de renforcer l’emprise des forces de sécurité sur la société civile et d’imposer un ordre moral qui repose notamment sur la persécution des personnes LGBTI. Depuis l’automne 2014, une véritable campagne de répression vise ces personnes accusées de “débauche” et victimes de raids répétés, notamment à des domiciles privés, au cours desquels elles sont l’objet de violences sexuelles systématiques.

Le rapport de la FIDH souligne que les violences sexuelles sont très largement tolérées, les auteurs de ces actes n’ayant à répondre de leurs crimes qu’en des cas exceptionnels. Depuis la médiatique condamnation, au mois de juillet 2014, de sept hommes accusés de viol en réunion durant la cérémonie de prise de fonction du Président El-Sissi en juin 2014 place Tahrir, aucun autre procès n’a eu lieu pour de tels crimes, malgré les plaintes déposées, et pas un agent des forces de sécurité n’a été jugé pour violence sexuelle.

Avec FIDH