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Le "discours de la Reine" : une tradition britannique de presque 500 ans


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Le "discours de la Reine" : une tradition britannique de presque 500 ans

La Reine d’Angleterre Elisabeth II a prononcé mercredi le “discours du trône”, lors d’un cérémonial fastueux pendant lequel elle a dévoilé le programme législatif du gouvernement conservateur de David Cameron pour les cinq années à venir.

Ce discours inaugure la première session des nouveaux députés au Parlement de Westminster après les élections législatives du 7 mai. Des élections qui ont donné à David Cameron un deuxième mandat et une courte majorité absolue à la chambre des Communes.

Cette tradition remonte à 1536.

Il s’agit du 62e “discours du trône” prononcé par Elisabeth II.
Depuis le début de son règne en 1953, elle n’y a fait défaut qu‘à deux reprises, en 1959 et 1963, parce qu’elle était enceinte. Pendant une dizaine de minutes, la reine a donc prononcé un discours qu’elle ne rédige pas, mais qu’elle lit sur un ton monocorde comme pour mieux souligner sa neutralité.

Si le protocole a été considérablement simplifié au fil des siècles, il semble encore appartenir à une époque révolue, surannée.

La reine parcourt en effet en carrosse doré le court trajet entre le palais de Buckingham et Westminster. Au parlement, sa Majesté entre par un passage réservé sous la Tour Victoria. Elle est accueillie par le Lord grand chambellan et s’assied sur le trône de la chambre des Lords, avec à sa gauche son époux, le duc d’Edimbourg.

Le gentilhomme huissier de la verge noire, le “Black Rod”, qui fait office de messager de la reine, s’en va alors mander quelque 250 députés rassemblés à la chambre des Communes. Ils lui claquent la porte au nez, il doit frapper trois fois. C’est une manière de marquer l’indépendance de la chambre des communes.

Puis les députés et le Premier ministre se rendent à la chambre des Lords pour entendre le discours.

Un discours qui se conclut par l’allocution rituelle: “_Je prie pour que la bénédiction de Dieu tout-puissant veille sur vos délibérations_”.

Contenu du discours 2015

Le projet phare de ce nouveau gouvernement est le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, que Cameron a promis d’organiser au plus tard à la fin 2017, à l’issue d’une phase de renégociation des conditions d’appartenance de son pays au groupe des 28.

Les modalités d’organisation de cette consultation, qui pourrait intervenir dès 2016, seront précisées dans un projet de loi qui sera présenté demain par le gouvernement.

Selon des médias britanniques, la question posée aux Britanniques sera du type : “Le Royaume-Uni doit-il rester un membre de l’Union européenne ?”, une formulation qui place les europhiles dans le camp du oui.

Le Premier ministre britannique, favorable au maintien de son pays dans une union réformée, a reçu lundi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour lui présenter ses revendications.
Il consacrera le reste de la semaine à la poursuite de son offensive diplomatique avec des déplacements en France et en Allemagne notamment.

Autres thèmes abordés

Ce “discours du trône” doit également évoquer une nouvelle loi sur le terrorisme pour lutter contre la radicalisation et aborder la dévolution de nouveaux pouvoirs à l’Ecosse, promis par Cameron après le référendum à défaut d’indépendance. Car Cameron exclut un nouveau référendum sur cette question.

Le sujet devrait être suivi de près par le Parti nationaliste écossais (SNP). Après leur victoire historique aux législatives, les indépendantistes sont devenus, avec 56 députés, la troisième force politique à Westminster, derrière l’opposition travailliste.

Plusieurs autres sujets qui font débat au Royaume-Uni devraient être mentionnés : un texte sur les droits de l’homme destiné à remplacer la convention européenne des droits de l’Homme qui fait aujourd’hui référence, et le programme économique qui comprend des coupes à hauteur de 17 milliards d’euros par an dans les dépenses sociales… De même qu’un texte qui pourrait étendre la conservation des données téléphoniques et numériques.

Le travail du gouvernement va commencer dès cet après-midi et le Premier ministre s’adressera à son tour aux parlementaires. Un débat et un vote de confiance suivront.

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