DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

La diphtérie de retour en Espagne : le mouvement anti-vaccins mis en cause

Vous lisez:

La diphtérie de retour en Espagne : le mouvement anti-vaccins mis en cause

Taille du texte Aa Aa

Les autorités sanitaires espagnoles sont inquiètes. La diphtérie, maladie infectieuse qui est contagieuse, vient de réapparaître dans le pays alors qu’elle était éradiquée depuis 28 ans; le tout dernier cas avait été détecté en 1987. C’est un enfant de six ans, originaire de la ville d’Olot, dans la province de Gérone en Catalogne, qui est infecté. Il se trouve dans un état grave dans le service de soins intensifs de l’hôpital Vall d’Hebron à Barcelone. Au moins 150 personnes, membres de la famille ou ayant pu approcher l’enfant dans son école, ont été alertées pour subir d’urgence des examens médicaux.

L’affaire fait d’ores et déjà polémique car l’inconscience des proches du jeune malade est montrée du doigt. Les premiers éléments de l’enquête sanitaire indiquent en effet que le petit n’était pas vacciné contre la diphtérie, ce qui est pourtant obligatoire. Ses parents se disent hostiles à toute vaccination. Le temps est maintenant compté pour les médecins catalans, d’autant que l’enfant venait de participer à une sortie scolaire organisée par son école d’Olot. Inutile de dire que les carnets de vaccinations de tous les élèves sont en train d’être examinés de près et qu’un traitement préventif doit être administré à l’ensemble des personnes qui travaillent dans l’établissement scolaire.

Mais ce traitement, autre gros problème auquel ont été confrontés les responsables sanitaires, est désormais introuvable en Espagne, comme d’ailleurs dans une grande partie de l’Europe. Madrid a dû demander de l’aide à l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, et c’est finalement Moscou qui a répondu. Des doses d’anti-toxines diphtériques ont été acheminées par les services de l’ambassade de Russie en Espagne dans la valise diplomatique. Les toxines, en passant dans le sang, peuvent affecter gravement le coeur, les glandes surrénales, le système nerveux central…Les malades risquent la paralysie, voire la mort.

A noter que le phénomène anti-vaccination, qui joue un rôle dans cette affaire dramatique, a tendance à se développer dans la Péninsule Ibérique comme en France. Dans les deux pays, le vaccin contre la diphtérie-tétanos-polyomyélite est obligatoire avant les 18 mois de l’enfant. Cependant, en Espagne, le ministère de la Santé est préoccupé et met en garde les familles : depuis 2011, le taux de vaccination a baissé de près de trois points, tombant à 95%.

Dans de nombreux pays européens, il y a pénurie et l’autre vaccin préconisé, qui protège contre six maladies au lieu de trois, est beaucoup plus cher. Des associations, parfois des médecins, en profitent pour mener des campagnes contre la vaccination qui, selon eux, peut présenter des dangers. Les autorités sanitaires, sur la base d‘études réalisées par des experts médicaux, ont beau contester énergiquement, ce genre de peur irrationnelle a un vecteur tout trouvé pour s’amplifier, toujours le même, le réseau internet.