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L'AIE juge insuffisants les efforts consentis pour contenir le réchauffement climatique


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L'AIE juge insuffisants les efforts consentis pour contenir le réchauffement climatique

L’Agence Internationale de l’Energie a jugé insuffisants les engagements pris par les Etats, notamment par le G7 la semaine dernière, en vue de la conférence des Nations Unies sur le climat COP21 à Paris à la fin de l’année, pour contenir le réchauffement climatique.

Dans un rapport spécial sur l’énergie et le changement climatique, l’agence estime que les efforts consentis aboutiraient à une “augmentation moyenne de la température de 2,6°C d’ici 2100, et de 3,5°C d’ici 2200“, soit largement au-dessus de la hausse globale de 2°C, considérés comme le minimum acceptable pour éviter des catastrophes climatiques majeures.

Pour atteindre le pic des émissions de gaz à effet de serre issues de l’énergie d’ici à 2020, l’AIE préconise cinq mesures essentielles avec des objectifs révisés tous les cinq ans :

  • l’augmentation de l’efficacité énergétique dans l’industrie, le bâtiment et les transports.
  • la réduction du recours aux centrales à charbon les moins efficientes et l’interdiction de toute nouvelle construction de centrales à charbon
  • l’augmentation des investissements dans les énergies renouvelables de 270 milliards de dollars en 2014 à 400 milliards en 2030
  • la suppression progressive des subventions aux énergies fossiles d’ici 2030
  • la réduction des émissions de méthane par le secteur du pétrole et du gaz

L’agence précise en outre qu’”agir pour lutter contre le changement climatique devra venir d’abord et essentiellement du secteur de l‘énergie“.

Réunion des compagnies pétrolières en Russie

Les grands patrons des principales compagnies pétrolières, directement visées par ce rapport, se retrouveront justement cette semaine en Russie pour un congrès d’investisseurs, par ailleurs boudé par de nombreux industriels et banquiers occidentaux. Ces derniers s’étaient déjà retirés du Forum Economique International de Saint-Pétersbourg en 2014 en raison de la situation en Ukraine. Les sanctions économiques étant toujours en cours, ils sont nombreux à avoir le choix de ne pas participer à cet événement pourtant couru dans l’agenda économique mondial. Les patrons de BP, Royal Dutch Shell et Total feront, eux, le déplacement, ainsi que responsables des sociétés de négoce en pétrole telles Glencore, Vitol, Gunvor ou Trafigura.

Selon un rapport publié par BP ce mois-ci, les réserves russes en gaz et en pétrole ont dépassé les 100 milliards de barils, bondissant de 93 milliards en 2013 à 103 milliards. Les enjeux sont donc importants pour ces compagnies qui ne peuvent se permettre de rompre leurs relations avec le Kremlin.

Les sanctions en place les ont empêchés, entre autres, d’investir dans l’Arctique russe ou encore dans des projets offshore. Mais les projets onshore sont, eux, toujours autorisés et chaque compagnie pétrolière a son propre agenda. BP planifie d’investir jusqu’à 800 millions de dollars pour acquérir un champ gazier du géant russe Rosneft dans l’est sibérien. Shell souhaiterait augmenter d’un tiers la production de sa centrale implantée à Sakhalin et Total chercher à débloquer des investissements à hauteur de 30 milliards de dollars dans la centrale au gaz de Yamal.

Une source proche d’une compagnie occidentale de première plan avoue sous couvert d’anonymat : “Les choses se sont calmées par rapport à l’année dernière et les gens se sentent plus à l’aise”. Ainsi, si la plupart des négociations s’étaient faites discrètes l’année dernière, cette année la grande messe reprend avec au programme des débats de haut vol : Igor Sechin, patron de Rosneft partagera la scène avec Patrick Pouyanne et Bob Dudley, respectivement PDG de Total et BP tandis que celui de Shell échangera avec le patron de Gazprom Alexei Miller.

"Keep it in the ground"

La Russie et surtout l’Arctique et ses réserves non exploitées sont indéniablement dans l’œil du viseur des compagnies pétrolières. Pourtant, dans une étude menée par l’Université anglaise UCL publiée le 07 janvier dernier dans la revue Nature des scientifiques ont calculé quelle part des énergies fossiles ne devraient jamais être extraites afin d’atteindre l’objectif des 2 °C. Et les chiffres sont énormes : un tiers des réserves de pétrole, la moitié des réserves de gaz et 80% des réserves de charbon connues.

Le professeur Christophe Mc Glade, auteur principal de l’étude est catégorique : “les politiques doivent comprendre que l’nstinct qui les pousse à utiliser toutes les énergies fossiles de leur pays est totalement incompatible avec leur engagement à atteindre l’objectif des 2°C“.

Deux campagnes sont en cours en amont de la conférence des Nations Unies sur le climat, COP21, qui cherchent à pousser la fin des énergies fossiles. Keep it in the ground a été lancée cette année par le quotidien anglais The Guardian.
L’autre campagne, Fossil Free, a démarré aux Etats-Unis en octobre 2013 à l’initiative de l’ONG 350.org. Elle cherche à pousser les investisseurs à abandonner les investissements dans les énergies fossiles. Elle a reçu le soutien de Desmond Tutu qui a rappelé alors, en avril 2014 le poids qu’avait eu le boycott économique de l’Afrique du Sud dans la lutte contre l’apartheid.

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