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Tunisie : les racines du terrorisme

Avec 2500 à 3500 jihadistes, les Tunisiens formeraient aujourd’hui le plus important groupe d‘étrangers au sein de Etat islamique. Comment la

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Tunisie : les racines du terrorisme

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Avec 2500 à 3500 jihadistes, les Tunisiens formeraient aujourd’hui le plus important groupe d‘étrangers au sein de Etat islamique. Comment la Tunisie, berceau du printemps arabe, en route vers un processus démocratique remarqué, produit-t-elle aussi des terroristes ? Parmi les explications, cet imam souligne la disparition des vraies valeurs religieuses :

Point of view

ils ont subi un lavage de cerveau pour aller se battre parce qu'ils ont perdu tout espoir

“Nous manquons d’une bonne éducation religieuse, spécialement depuis que Bourguiba a interdit l‘éducation religieuse dans la mosquée Zitouna, explique Ibrahim Al-Jaledi. C‘était pourtant un formidable endroit où d’excellents enseignants religieux avaient été formés.”

De 1957 à 1987, le président Bourguiba s‘était employé à laïciser son pays, en écartant les leaders religieux. Pour les plus pauvres aujourd’hui la religion offre un espace pour des idéaux tels que l‘égalité ou la justice.

“La première raison à tout ça, c’est la pauvreté, explique Mohamed Ali, un habitant de Tunis. La deuxième raison c’est que ces terroristes sont pour la plupart des anciens criminels qui ont beaucoup souffert de la pression du gouvernement et de la police, qui rendaient leur vie difficile. Alors ils ont été tentés par les groupes terroristes et ont subi un lavage de cerveau pour aller se battre parce qu’ils ont perdu tout espoir et qu’ils croient faire cela au nom de Dieu.” Dans le quartier de al-Malasin, l’un des plus pauvres de la capitale, ces Tunisiens condamnent l’attentat de Sousse, perpétré par un jeune étudiant. “Il y a plusieurs raisons et circonstances complexes qui poussent les jeunes Tunisiens entre les mains des jihadistes, explique notre envoyé spécial Mohammed Shaikhibrahim, et les mesures de sécurité ne sont pas la seule solution pour s’en protéger, l‘éducation doit être aussi utilisée contre ceux qui croient au terrorisme.”